20 mai 2008

BONN (Allemagne), 20 mai 2008 (AFP). Greenpeace a proposé mardi à Bonn la création d’un fonds international par les pays industrialisés pour arrêter la déforestation dans le monde, estimant qu’il faudrait de 20 à 27 milliards d’euros par an pour y parvenir d’ici 2015.

Il s’agit de « la première et de la seule proposition pour l’instant qui vise à protéger à la fois la biodiversité et le climat », a souligné devant la presse Roman Czebiniac, de Greenpeace international, à Bonn où se tient la conférence de la Convention de l’ONU sur la biodiversité.

Les pays riches, qui ont une responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre (GES) et le réchauffement climatique, seraient ainsi appelés à aider les pays qui conserveraient en l’état leurs forêts tropicales au lieu de les transformer en surfaces agricoles.

Greenpeace souhaite que sa proposition – « des forêts pour le climat » (Forest for climate plan) – soit retenue parmi les mesures pour lutter contre la déforestation qui seront définies dans le cadre du protocole de Kyoto.

Actuellement, le rythme de destruction des forêts tropicales est « l’équivalent d’un terrain de football toutes les deux secondes », a rappelé Greenpeace.

Or, la déforestation compte pour 20% des émissions de gaz à effet de serre, plus que le secteur des transports.

Et les experts du climat considèrent qu’il faudrait que les émissions de GES arrêtent de progresser et commencent à diminuer d’ici 2015 afin de stabiliser le dérèglement climatique.

Le plan de Greenpeace permettrait de stopper la déforestation au Brésil qui a déjà perdu 17% de ses forêts tropicales, a estimé Marcelo Marquesini, de Greenpeace Amazonie.

D’ores et déjà, Greenpeace a demandé au gouvernement allemand, hôte de la conférence de l’ONU sur la biodiversité, de montrer l’exemple aux autres pays du G8, en finançant ce fonds à hauteur de 2 milliards d’euros dès cette année, a annoncé Christophe Thies, responsable des campagnes forêts.

Interrogé à ce sujet lors d’un point-presse, le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel, a jugé pour sa part que cette proposition était « irréaliste ».