VIENNE, 29 mai 2008 (AFP). L’association écologiste Greenpeace a occupé jeudi matin une station-service de Vienne pour demander au groupe pétrolier autrichien OMV de renoncer à recourir aux agrocarburants d’origine tropicale, responsables selon l’ONG d’une accélération de la déforestation.
Quelque 25 militants, pour certains déguisés en ourang-outangs, ont déployé des banderoles portant l’inscription « OMV: pas de forêt vierge dans mon réservoir », a constaté un photographe de l’AFP.
Greenpeace a affirmé dans un communiqué avoir détecté jusqu’à 15% d’huile de soja et jusqu’à 5% d’huile de palme dans le diesel commercialisé par OMV.
« Un plein chez OMV détruit jusqu’à dix mètres carrés de forêt tropicale. Nous demandons au patron d’OMV (Wolfgang) Ruttenstorfer de garantir qu’à l’avenir ses agrocarburants soient exempts de matières premières liées à la déforestation », a indiqué un porte-parole de Greenpeace, Jurrien Westerhof.
L’ONG, qui affirme que les importations d’huile de palme ont triplé en cinq ans en Autriche, estime que le recours accru aux agrocarburants est « directement lié » à la destruction des forêts tropicales, en raison de l’accroissement des surfaces agricoles qu’il favorise.
OMV, premier groupe gazier et pétrolier d’Europe centrale, n’a pas souhaité s’exprimer immédiatement à ce sujet.
Comme plusieurs autres organisations de défense de l’environnement, Greenpeace a par ailleurs demandé au ministre de l’Environnement autrichien Josef Pröll de renoncer, à l’instar de l’Allemagne, à porter à 10% dès 2010 le taux de biocarburants dans les carburants traditionnels.
Selon certaines études, le recours massif aux biocarburants aurait un impact négatif sur le réchauffement climatique qu’ils sont censés combattre, en raison notamment de la déforestation.














