BIKORO (RDCongo), 24 mai 2008 (AFP). La République démocratique du Congo (RDC) et la France se sont engagées samedi à oeuvrer ensemble à la préservation de la forêt congolaise, réservoir unique de biodiversité, dans une déclaration commune signée à Bikoro, à quelque 500 km au nord de Kinshasa.
« Je suis venu ici en ministre d’Etat français, préparant la présidence française de l’Union européenne (à partir du 1er juillet), et à votre égard, je saurai me souvenir de ce moment », a déclaré le le ministre français de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, lors de la signature d’une déclaration commune avec son homologue congolais José Endundo et dont l’AFP a obtenu une copie.
Les deux ministres revenaient de la visite d’une exploitation forestière d’ITB, une société congolo-libanaise basée dans la région de Bikoro.
« La population de Bokoro appuie les actions sociales de ITB et invite Greenpeace à faire de même », pouvait-on lire sur des banderoles déployées à l’entrée du site.
ITB a été épinglée en 2007 par l’organisation écologique, qui affirmait que cette entreprise avait obtenu des titres en violation d’un moratoire de 2002, au détriment des communautés locales et abattait notamment des essences rares à haute valeur commerciale.
Dans leur déclaration commune, les deux ministres ont décidé de donner, dans leur coopération bilatérale, la « priorité » à la « gestion durable des forêts et à l’écocertification » dans le cadre d’un programme national qui reste à finaliser.
Dans cette optique, ils ont souligné l’importance de « la définition et de la mise en oeuvre d’une stratégie nationale pour la réduction des gaz à effet de serre liées à la déforestation et la dégradation » des forêts primaires, qui représentent plus de 80 des 145 millions d’hectares de forêt congolaise.
Cette stratégie nationale doit aussi définir les modalités de la protection des écosystèmes dans les aires protégées, qui s’étendent sur 240.000 km2 (soit 10,5% du territoire), et dans les quelque 20 millions d’hectares actuellement couverts par des titres accordés à des exploitants forestiers.
Ces titres doivent prochainement être examinés en vue de leur conversion en « concessions forestière » ou annulés pour ceux obtenus illégalement.
La « déclaration de Bikoro » prévoit aussi la mise en oeuvre d’un « programme d’action technique et scientifique favorisant l’émergeance d’un mécanisme de financement (contre) la déforestation et de la dégradation évitée ».
Ces engagements non chiffrés sont pris « sous réserve de la disponibilité budgétaire des fonds nécessaires », dans le cadre du Document-cadre de partenariat de plus de 200 millions d’euros sur cinq ans signé en 2007 entre la France et la RDC.
A l’occasion de la visite de M. Borloo en RDC, Greenpeace a appelé la France à jouer « un rôle moteur » pendant les six mois de sa présidence de l’UE dans la lutte contre le commerce de bois illégal et la protection de la biodiversité du bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie.
Jean-Louis Borloo quitte samedi soir la RDC pour une halte de 24 heures au Congo voisin.














