8 mai 2008

DAKAR, 8 mai 2008 (AFP). La production de biocarburants en Afrique ne menace pas la sécurité alimentaire sur le continent, durement touché par la crise alimentaire mondiale, ont estimé jeudi à Dakar plusieurs experts agricoles sénégalais.

« A l’heure actuelle, la production de biocarburants en Afrique ne constitue pas une menace pour la sécurité alimentaire de nos pays », a déclaré le directeur général de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) Macoumba Diouf, lors d’une conférence dans la capitale sénégalaise.

Depuis un an, le Sénégal s’est lancé dans un vaste programme de développement de cultures destinées aux biocarburants, à l’initiative du président sénégalais Abdoulaye Wade, un des plus fervents défenseurs de ces nouvelles sources énergétiques sur le continent.

Le gouvernement a notamment mis en place un programme national biocarburant axé sur la plantation de jatropha, un petit arbuste des zones semi-arides dont les graines produisent une huile, plus connue sous le nom d' »huile de pourghère » et qui est utilisée comme biodiesel.

« L’Afrique a suffisamment de terres pour faire des biocarburants sans reprendre des terres dédiées aux cultures vivrières », a assuré Chérif Salif Sy, le directeur général de l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar).

« A l’heure actuelle au Sénégal, seulement 50% des terres arables sont cultivées », a pour sa part indiqué Dr Samba Ndiaye, coordonnateur du programme national biocarburant.

Interrogé sur le risque de voir les paysans abandonner progressivement les cultures vivrières en raison d’une plus forte rentabilité des biocarburants, le chercheur de l’ISRA a assuré qu’il « n’y a pas de danger, dans la mesure où les producteurs veulent sécuriser leurs revenus et donc diversifient leurs cultures ».