21 avril 2008

ROME, 21 avr 2008 (AFP). Une hausse de 10 dollars du baril de brut coûte 500 milliards de dollars à l’économie mondiale, a estimé lundi à Rome le chef du gouvernement de centre-gauche sortant en Italie Romano Prodi.

« Il est nécessaire que les prix pétroliers soient relativement stables et à un niveau acceptable pour les consommateurs comme les producteurs », a-t-il plaidé, lors du Forum international de l’Energie à Rome.

« Des prix trop élevés pèsent sur l’économie mondiale, particulièrement sur les pays pauvres », avec un coût au niveau planétaire « estimé à 500 milliards de dollars par augmentation de 10 dollars du baril », a-t-il ajouté à cette conférence qui réunit de dimanche à mardi pays producteur et consommateurs de pétrole.

« Nous devons contrer le risque que l’énergie devienne une cause de conflits entre les différentes régions du monde, car nous serions tous perdants », a-t-il affirmé.

« Ce qui se passe sur le marché des matières premières agricoles est très préoccupant. L’augmentation des prix, stimulée par la croissance de la demande, l’est aussi par le développement de la production de biocarburants, ce qui provoque de fortes tensions dans de nombreux pays », a-t-il détaillé.

« Il se dessine donc un conflit entre nourriture et carburant avec pour conséquence des conflits sociaux désastreux et des bénéfices environnementaux douteux », a ajouté M. Prodi.

« Il faut évaluer avec attention les politiques de subventions pour éviter les distorsions dans l’allocation des ressources », a-t-il insisté.

Par ailleurs, s’il est « compréhensible » que les pays producteurs demandent des assurances sur la demande de long terme avant de se lancer dans de coûteux investissements, M. Prodi a fait remarquer que les prévisions de demande d’ici 30 ans tablaient sur une hausse de 25% de la demande comparé à aujourd’hui, ce qui nécessite « une augmentation de 30% de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ».