PARIS, 10 avr 2008 (AFP). le syndicat des énergies renouvelables (SER), qui craint de faire les frais de mesures d’économies du gouvernement, a chiffré à 3 milliards d’euros par an en 2020 le coût du plan ambitieux du Grenelle de l’environnement en faveur des énergies “vertes”.
Le Grenelle vise à augmenter de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique à l’horizon 2020 soit 23%, correspondant à l’objectif de la France dans le cadre de l’Union européenne, rappelé le SER.
Ce plan coûtera 3 milliards d’euros par an en dépenses fiscales d’ici 2020, mais permettrait d’éviter des émissions de 66 millions de tonnes de CO2, principal gaz à effet de serre jugé responsable du changement climatique, a fait valoir André Antolini, le président du SER devant la presse.
En outre, il permettrait de générer 4 milliards d’euros de recettes fiscales collectives avec la création nette de 120.000 emplois dans le secteur, a-t-il assuré.
Et de plus, il se traduirait par des gains en pouvoir d’achat pour les ménages, grâce aux économies d’énergie, d’environ 6 milliards d’euros, compte tenu de l’augmentation prévisible des tarifs de l’électricité, du gaz et du fuel, a-t-il ajouté.
Donc, “le développement des énergies renouvelables ne coûte pas cher, entraîne des gains en recettes fiscales, en dépenses évitées – chômage et charges sociales – et des gains en pouvoir d’achat pour les ménages”, a-t-il estimé.
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) “a fait un chiffrage très proche du nôtre”, a-t-il ajouté, mais il s’est inquiété que le ministère des finances n’ait pas encore présenté le sien.
“On ne voit toujours pas sortir de chiffrage de Bercy et ça nous inquiète”, a-t-il dit, rappelant que la loi sur le Grenelle de l’environnement doit être présentée très prochainement au Conseil économique et social.
“Ils n’ont peut-être pas la même vision”, a-t-il ajouté, craignant notamment que Bercy ne tienne pas compte des hausses des prix du gaz et du pétrole et ne prenne pas en considération les gains de pouvoir d’achat générés par les économies d’énergie obtenues.
Il s’est également inquiété de la “bataille” qui aura lieu au Parlement lors du passage de la loi en juin, craignant notamment que “certains parlementaires recommencent à attaquer l’éolien” qui devrait représenter 4 Mtep sur les 20 Mtep d’énergies renouvelables en 2020.














