LONDRES, 23 avr 2008 (AFP). La réaction internationale à la menace très importante que le réchauffement climatique fait peser sur la sécurité mondiale est « lente et insuffisante », affirme un centre de réflexion britannique dans un rapport publié mercredi.
« Au cours des prochaines décennies, le réchauffement climatique va entraîner une modification dans le domaine de la sécurité stratégique aussi importante qu’à la fin de la guerre froide », a indiqué dans un communiqué Nick Mabey, auteur du rapport du Royal united services institute (Rusi) intitulé « Les réponses de la sécurité internationale à un monde exposé au réchauffement climatique ».
« S’il n’est pas maîtrisé, le réchauffement climatique aura des implications dans le domaine de la sécurité d’une ampleur similaire aux deux conflits mondiaux, mais qui durera pendant des siècles », a estimé M. Mabey.
Selon le Rusi, ne pas reconnaître les risques que fait peser le réchauffement climatique sur la sécurité est aussi dangereux qu’ignorer le risque terroriste ou la prolifération des armes nucléaires.
L’institut de réflexion a également souligné que les inquiétudes liées au climat allaient entraîner des « changements fondamentaux » dans le paysage géopolitique, modifier la gestion des relations internationales et contraindre à une réexamen des intérêts nationaux.
« Les conséquences climatiques vont obliger à repenser radicalement la façon dont nous identifions et assurons nos intérêts nationaux », a indiqué M. Mabey, citant l’exemple de l’énergie où la sécurité « dépendra de plus en plus d’alliances fortes avec d’autres gros consommateurs d’énergie, comme la Chine, (…) et moins des relations avec les producteurs de pétrole ».
Cela passera également par la « lutte contre l’instabilité dans les régions stratégiquement importantes très vulnérables au niveau climatique et ayant une gouvernance faible », a-t-il poursuivi.
« Les premiers signes de cette réponse apparaissent, mais les changements nécessaires doivent se faire plus rapidement que par le passé », a-t-il préconisé.
Le rapport plaide en faveur d »une « croissance importante des investissements » qui soit comparable aux dépenses engagées dans la lutte contre le terrorisme, appelant à une mobilisation des services de renseignements et de l’armée.
« Si le réchauffement climatique n’est pas ralenti (…) cela deviendra le premier facteur de conflit entre et au sein des Etats », a averti le Rusi.
Le secteur de la sécurité « doit par conséquent prendre des initiatives pour soutenir maintenant les efforts visant à une réduction importante des émissions de dioxyde de carbone comme un moyen d’éviter le pire scénario en matière de sécurité ».














