7 avril 2008

PARIS, 7 avr 2008 (AFP). Mettre en place des mécanismes financiers pour éviter la déforestation permettrait de mobiliser chaque année sur le marché du carbone des milliards d’euros pour la conservation des forêts, souligne une étude publiée lundi dans une édition spéciale d’une revue de la Royal Society.

Réduire la déforestation dans le monde de seulement 10% pourrait générer entre 1,5 et 9,1 milliards d’euros par an sur le marché du carbone, estiment les auteurs de l’étude, en utilisant plusieurs hypothèses de prix du carbone (entre 5 et 30 euros la tonne de CO2) et de rythme de déforestation dans le monde.

Pour aider les grands pays forestiers à conserver leurs forêts plutôt que de les raser ou de les transformer en surfaces agricoles, l’idée de donner à un arbre un prix correspondant au carbone qu’il stocke en restant en vie fait son chemin dans les conférences internationales sur le climat.

Une tonne de carbone préservée serait récompensée par des crédits pouvant être revendus sur le marché global du carbone.

La réduction de la déforestation permettrait ainsi de diminuer les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) jugés responsables du changement climatique.

Les grands pays forestiers comme le Brésil ou l’Indonésie soutiennent cette idée d’un mécanisme de « Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation » (REDD).

Il s’agit d’une des options discutées par les Etats signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) qui cherchent à trouver un accord pour prendre le relais du protocole de Kyoto.

Globalement, l’Amazonie apparaît comme la région qui a le plus grand potentiel pour contribuer à atténuer le changement climatique par la réduction des émissions de carbone, souligne cette étude sur « le changement climatique et le sort de l’Amazonie ».

Entre 1990 et 2005, l’ensemble des pays d’Amazonie (Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur, Guyane, Pérou, Surinam, Venezuela) ont représenté 26% (3,7 millions d’hectares) de la déforestation mondiale.

En raison de la très forte densité en carbone de ces forêts, ce chiffre correspond à environ 46% des émissions globales de CO2 dues à la déforestation, précise l’étude.

La déforestation dans le monde est responsable de 20% des émissions de dioxyde de carbone (CO2), soit davantage que toutes les industries de transport.