30 avril 2008

NIAMEY, 30 avr 2008 (AFP). Quatre chefs d’Etat de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) ont adopté mercredi à Niamey un programme d’investissement de 5,5 milliards d’euros en faveur du fleuve menacé par l’ensablement et une Charte devant garantir le partage « raisonnable et équitable » des eaux.

Les présidents Yayi Boni du Bénin, Amadou Toumani Touré du Mali, Idriss Deby Itno du Tchad et Mamadou Tandja du Niger ont adopté ce programme d’investissement en trois volets, d’un montant de 3.645 milliards CFA (5,5 mds euros), et qui s’étalera sur quatre plans quinquennaux, jusqu’en 2027.

Deux des trois volets du programme portent sur le développement des infrastructures socio-économiques (4,454 milliards d’euros) et la Protection des ressources et des écosystèmes (852,386 millions d’euros).

Dans un communiqué final, les chefs d’Etat de l’ABN ont annoncé la tenue d’une table ronde des bailleurs le 23 juin à Niamey pour mobiliser les fonds nécessaires au premier plan quinquennal « prioritaire » 2008-2012, d’un montant de 1,4 milliard d’euros (905 milliards FCFA).

Ils ont également décidé d’accélérer la construction de deux nouveaux barrages, à Kandadji au Niger et Taoussa au Mali, que la Banque islamique de développement (BID) a accepté de financer fin 2007.

Ces deux ouvrages sont censés protéger l’écosystème dans le bassin du fleuve et accroître le potentiel agricole des Etats régulièrement en proie à des crises alimentaires dues à la sécheresse.

La Charte de l’eau reconnaît à chaque pays une jouissance « raisonnable et équitable » des ressources en eau, mais stipule que l’utilisation du fleuve doit être rationnelle et surtout viser à satisfaire les besoins « prioritaires » des populations, notamment la lutte contre la pauvreté.

La date d’entrée en vigueur de cette charte, qui impose également des amendes aux pollueurs ainsi que des taxes sur le prélèvement d’eau en grande quantité, n’a cependant pas été précisée.

Troisième fleuve d’Afrique, le Niger long de 4200 km couvre un bassin de 2,1 millions de km2 et assure la survie de plus de 110 millions de personnes. Cette population du bassin, selon les experts, devrait doubler d’ici à 2025 du fait de la forte croissance démographique de 3% par an de la région.