WASHINGTON, 2 avr 2008 (AFP). Pour contrer la flambée des prix des denrées agricoles, qui menace les pays pauvres, la Banque mondiale recommande un effort massif et concerté à l’échelle internationale.
« Nous avons besoin d’une Nouvelle donne pour la politique alimentaire mondiale », a jugé mercredi le président de l’institution multilatérale, Robert Zoellick, appelant à la mise en oeuvre d’une politique aussi ambitieuse que le « New Deal » (Nouvelle donne) du président Franklin Roosevelt après la crise de 1929.
La Banque mondiale, qui a fait de l’agriculture une priorité lors de sa dernière assemblée annuelle, a en particulier appelé à l’abondement rapide des 500 millions de dollars requis par le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM).
« Les Etats-Unis, l’Union européenne, le Japon et les autres pays membres de l’OCDE doivent agir maintenant pour combler ce déficit — ou alors encore plus de gens vont souffrir et mourir de faim », a-t-il dit devant les membres du Center for Global Development (CGD), une ONG basée dans la capitale américaine.
Le PAM a lancé le 20 mars « un appel d’extrême urgence », sa responsable Josette Sheeran réclamant 500 millions de dollars (325 millions d’euros) aux pays donateurs.
De son côté, la Banque mondiale « doublera presque ses prêts dans le secteur agricole en Afrique, les portant de 450 à 800 millions de dollars », a promis M. Zoellick dans ce discours dont le texte a été communiqué à la presse.
La Banque mondiale considère que 33 Etats sont menacés de troubles politiques et de désordres sociaux à cause de la montée brutale des prix des produits agricoles et énergétiques.
En février, le prix réel du riz a atteint son plus haut en 19 ans et celui de la farine son record depuis 28 années, a rappelé M. Zoellick, quelques jours avant les assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI, qui doivent se tenir les 12 et 13 avril à Washington.
« Cette Nouvelle donne doit non seulement se concentrer sur la faim et la malnutrition », a détaillé M. Zoellick, « mais encore sur les interconnexions avec l’énergie, les rendements, le changement climatique, l’investissement, la marginalisation des femmes entre autres, la résistance économique et la croissance ».
La Banque mondiale peut « soutenir des mesures d’urgence destinées à aider les pauvres tout en fournissant des incitations à produire et à commercialiser des produits dans le cadre du développement durable », a-t-il ajouté.
M. Zoellick a proposé trois autres mesures pour amortir les effets du ralentissement économique mondial sur les pays les plus vulnérables, mercredi: une aide à l’Afrique versée par les fonds souverains, la consolidation de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (EITI), et la conclusion du cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).














