PARIS, 15 avr 2008 (AFP). Avec la réunion cette semaine à Paris des 16 principales économies mondiales sur le réchauffement climatique, « les pollueurs décident pour la planète », estiment le WWF et Greenpeace, qui appelle de son côté les dirigeants français à boycotter l’assemblée.
Cette troisième édition des « MEM » (Major Economies Meeting) se tient « en l’absence des principales victimes du changement climatique », font valoir les deux organisations écologistes, dans des communiqués distincts.
« Comment accepter que ce soient les pollueurs qui définissent entre eux de combien ils vont réduire leur pollution? » demande le WWF.
Le WWF (Fonds mondial pour la planète) s’inquiète notamment de la perspective d’engagements de réduction des gaz à effet de serre par secteur d’activité (ciment, aluminium, acier…): « un sujet extrêmement glissant, certains pays industrialisés voulant utiliser les approches sectorielles pour se débarrasser de leurs engagements nationaux », redoute-t-il.
Quant à Greenpeace France, elle appelle le président Nicolas Sarkozy et le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo à boycotter la réunion qui, juge-t-elle, « participe à l’institutionnalisation d’un processus inutile et dangereux ».
« Ces réunions parallèles aux négociations sur la suite du protocole de Kyoto, impulsées en septembre dernier par l’administration américaine, n’aboutissent à aucun engagement sur des objectifs nationaux chiffrés et contraignants de réduction des émissions » polluantes, estime Greenpeace.
« Nous appelons le président Sarkozy et le ministre Jean-Louis Borloo à ne pas cautionner cette initiative par leur présence », écrit-elle.
La réunion de ministres, secrétaires d’Etat et experts des 16 pays se tient jeudi et vendredi à Paris, précédée par un atelier de travail sur les engagements sectoriels.














