3 avril 2008

BANGKOK, 3 avr 2008 (AFP). Des écologistes africains ont appelé jeudi les principaux pays pollueurs à verser 1% de leur PIB pour lutter contre le réchauffement climatique qui risque d’avoir un impact considérable sur le continent africain, lors de négociations sur cette question à Bangkok.

“C’est le continent africain qui souffrira le plus de l’impact du changement climatique et c’est pourquoi nous sommes très inquiets”, a déclaré Grace Akumu, à la tête du groupe environnemental Climate Network Africa, installé à Nairobi.

“Nous estimons que l’Afrique obtient encore une fois un accord injuste dans ces négociations”, a-t-elle ajouté en appelant, au nom des ONG africaines présentes à Bangkok, les principaux pays émetteurs à verser chaque année l’équivalent de 1% de leur produit intérieur brut pour lutter contre les changements climatiques.

Les montants pourraient être versés, selon elle, dans un fonds spécial destiné à aider l’Afrique à s’adapter aux changements climatiques.

Toujours selon Mme Akumu, le continent africain n’a guère bénéficié, contrairement à la Chine, du protocole de Kyoto qui permet aux pays riches de financer des projets écologiques dans les pays en voie de développement en échange de “crédits” sur leurs taux d’émissions de gaz à effet de serre.

Sur les 979 projets enregistrés par l’ONU, 611 l’ont été dans la région de l’Asie et 25 seulement en Afrique.

Des délégués de plus de 160 pays participent depuis lundi à Bangkok, sous l’égide des Nations unies, à un nouveau cycle de négociations en vue d’élaborer, avant la fin 2009, un accord mondial visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre – à l’échéance du protocole de Kyoto en 2012 – et à enrayer le réchauffement climatique.

“Tous les pays mettent devant leur position et certains pays en voie de développement demandent plus de soutien”, a reconnu Harlan Watson, négociateur en chef pour les Etats-Unis.

Il a cependant souligné à l’AFP que la crainte accrue d’une récession économique mondiale pourrait peser sur les négociations.

“Cela aura certainement un impact sur le processus”, a-t-il dit.

Premier pays pollueur, les Etats-Unis sont le seul grand pays industrialisé à ne pas avoir ratifié le Protocole de Kyoto, dont les premiers engagements expirent en 2012.