11 mars 2008

MONTPELLIER, 11 mars 2008 (AFP). Un faucheur volontaire de plants OGM a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Montpellier à une amende d’un euro pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN.

Une amende ou une suspension de permis de conduire de quatre mois avait été requise à l’audience du 12 février contre M. Libouban, qui encourait une peine d’un mois d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

« Je n’ai rien à faire sur une liste de criminels de mon pays », avait justifié à l’audience l’initiateur du mouvement des faucheurs volontaires, Jean-Baptiste Libouban, 73 ans, condamné à deux reprises, en 2005, pour des actes de fauchage de plants OGM.

Convoqué par la gendarmerie, il avait refusé de se soumettre à un prélèvement destiné à établir son empreinte génétique. A l’audience, il s’était élevé contre le fichage systématique de la population.

« On a été entendu sur les enjeux », a analysé à l’issue du délibéré Régine Barthélémy, l’avocate du faucheur. Elle a déclaré avoir « plusieurs échos de gens et de jeunes en particulier qui, arrêtés après des manifestations et poursuivis, et à qui on propose après une peine le prélèvement ADN, disent +je n’ai pas les moyens de refuser+. Eh bien un euro, oui. Vous avez les moyens de refuser », a déclaré Me Barthélémy.

Lors de l’audience, José Bové, présent en qualité de témoin, avait affirmé qu’il aurait lui aussi refusé un tel prélèvement si la justice le lui avait imposé, « car on est dans une logique de fichage liberticide ».

Un membre du bureau national du Syndicat de la magistrature (SM), David Le Bas, avait réclamé « une application modérée de la loi du fichier des empreintes génétiques », qui à l’origine était exclusivement destiné à ficher les personnes concernées par les crimes les plus graves, spécialement en matière sexuelle.