BRUXELLES, 10 mars 2008 (AFP). Les dirigeants de l'UE pourraient débattre lors de leur sommet jeudi et vendredi à Bruxelles des risques de délocalisations que pourraient entraîner les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qu'ils se sont fixés.

Selon le projet de conclusions préparé par leurs ambassadeurs à Bruxelles, les dirigeants européens devraient "reconnaître que dans un contexte mondial, le risque de +fuites de carbone+ inquiète certains secteurs (industriels) particulièrement exposés à la concurrence internationale".

Ce risque "doit être analysé et traité de façon urgente, pour que les mesures appropriées soient mises en oeuvre au cas où les autres pays ne prendraient pas les mesures adéquates pour réduire les gaz à effet de serre dans le cadre d'un accord international", ajoute le document.

Mais ce projet de texte est trop vague pour certains pays, Allemagne en tête, qui voudraient que les secteurs industriels les plus vulnérables soient précisément cités, notamment l'industrie lourde.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de lundi, censée notamment préparer le sommet, les Allemands ont donc réclamé une formulation plus précise, une proposition soutenue par la France, la Finlande, la Slovénie, la République Tchèque et l'Espagne, selon un diplomate européen.

En revanche, des pays comme les Pays-Bas, la Suède et l'Estonie, qui tiennent à garder un marché européen très ouvert, veulent que le texte reste vague, a-t-il précisé.

Une discussion à ce sujet lors du sommet pourrait relancer la question polémique d'une "taxe carbone", un mécanisme qui permettrait à l'UE de sanctionner les produits industriels importés de pays ne s'efforçant pas de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Dans le paquet de mesures qu'elle a présentées en janvier pour réduire les émissions européennes, la Commission a proposé d'attendre 2011 pour évaluer la nécessité d'instaurer un mécanisme aux frontières pour lutter contre une concurrence jugée déloyale de tels pays.

Ces mesures doivent permettre de tenir les engagements pris lors du sommet européen de mars 2007, prévoyant d'ici 2020 une réduction totale des émissions européennes de 20% et une augmentation de la part des biocarburants à 10% du carburant consommé.