21 mars 2008

PARIS, 21 mars 2008 (AFP). Le patron du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, a estimé vendredi que les prix du pétrole « montaient trop vite » depuis quelques années en raison non pas d’un manque de réserves mais d’une production insuffisante.

Les prix du pétrole « montent trop vite », en passant « en peu de temps de 50 à 100 dollars par baril », a souligné le directeur général de Total sur la chaîne de télévision France 5.

« Il y a des réserves mais il n’y a pas assez de production », a-t-il expliqué.

Selon lui, le monde dispose « au minimum » de 40 années de réserves au rythme de la production actuelle.

Mais « il y a des pays consommateurs qui réclament plus de pétrole. Il y a des pays producteurs qui en ont mais qui disent +après tout, les prix sont élevés pourquoi est-ce qu’il faudrait que je produise beaucoup plus, qu’est-ce que vous me donnez en échange+ », a-t-il expliqué.

« Il faut pousser les pays producteurs à mettre plus de ressources à la disposition de leurs compagnies ou des nôtres », a jugé M. de Margerie.

Selon lui, « il n’y a pas beaucoup de spéculation ». Cette dernière « est trop souvent utilisée pour cacher le vrai problème » qui est un « problème de dialogue » avec les pays producteurs.

Il a dénoncé une « politique de Gribouille consistant simplement à vouloir récupérer un ou deux centimes à la pompe ». « Ce n’est pas avec ça qu’on va réduire les prix du pétrole. C’est en investissant », a-t-il estimé. Total prévoit d’investir 19 milliards de dollars en 2008, après 16 milliards en 2007.

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir avait réclamé une « contribution citoyenne » des groupes pétroliers après l’annonce par Total d’un bénéfice 2007 de plus de 12 milliards d’euros.

A propos de la fuite fioul de la raffinerie de Total à Donges (Loire-Atlantique), il a déclaré être « tout à fait désolé », en indiquant qu’une enquête judiciaire était en cours et que son groupe allait lui même lancer une enquête interne dont les résultats seraient rendus publics.

Total a mobilisé près de 200 personnes pour les différentes opérations de nettoyage de l’estuaire de la Loire sur le site de la raffinerie, avait indiqué le groupe mardi en présentant ses « excuses ».