25 mars 2008

LONDRES, 25 mars 2008 (AFP). Le Fonds d’investissement de Palestine (FIP) veut investir davantage à domicile, avec la moitié des fonds investis dans les territoires palestiniens d’ici à la fin de l’année, et 70% d’ici à 2012, indique mardi son directeur dans une interview au Financial Times (FT).

Le FIP, créé en 2000 par l’Autorité palestinienne après la vente de concessions à des opérateurs de téléphonie et d’électricité, gère environ 850 millions de dollars (550 millions d’euros) actuellement. Jusqu’à l’arrivée du directeur Mohammed Mustafa il y a trois ans, 75% des sommes étaient investies à l’étranger.

« Nous voulons jouer un rôle différent, que le fonds ne soit plus un véhicule financier mais un véhicule pour le développement durable en Palestine », a indiqué celui-ci au FT, tout en reconnaissant que les territoires ne sont pas « l’environnement le plus simple et le plus direct du monde pour investir ».

Mais M. Mustafa pense que le FIP « peut amener les projets à un point où l’investissement devient attractif ».

Un des plus gros projets actuels est le lancement d’un deuxième opérateur de téléphonie mobile dans les territoires palestiniens. Le lancement, malgré des retards d’ordre administratif, est prévu pour cette année.

Un autre projet d’envergure vise à garantir les prêts accordés aux petites et moyennes entreprises des territoires. « Environ 95% des entreprises ici sont des PME avec moins de dix employés », remarque M. Mustafa, soulignant qu’elles sont « très résistantes ».

Mais elles ont actuellement un accès limité au crédit, faute de garanties à apporter en contrepartie. Depuis janvier le FIP, avec deux partenaires américains, offre aux banques palestiniennes de quoi garantir 70% des prêts à ces entreprises.

Les débuts sont considérés comme encourageants, avec cinq prêts déjà accordés et dix autres en voie de l’être.

« Malgré toutes les difficultés nous essayons de mettre en place les fondations d’une nouvelle économie palestinienne, qui soit menée par le secteur privé, et non par les dons », indique M. Mustafa.

Au vu des circonstances actuelles dans la région, « c’est peut-être tenter l’impossible », mais « nous n’avons pas d’autre choix », conclut-il.