PARIS, 11 mars 2008 (AFP). Le réchauffement climatique semble sans impact sur la faune aquatique au large de la Terre Adélie, ont indiqué mardi des chercheurs du Muséum national (français) d’histoire naturelle de retour d’une mission de deux mois dans cette partie de l’océan Austral.
« En ce qui concerne l’impact du réchauffement climatique sur la faune, les scientifiques n’ont rien observé de tel », a souligné le Muséum à l’issue de la mission « Mers australes », effectuée en décembre et janvier dans le cadre de l’Année polaire internationale (API) au large de la Terre Adélie et de la Terre George V, en Antarctique de l’est.
Des dizaines de milliers de spécimens des poissons, éponges ou mollusques recueillis par trois navires, le Français Astrolabe affrété par l’Institut polaire Paul-Emile Victor, l’australien Aurora Australis et le japonais Umitaka Maru ont été récoltés pour être analysés en laboratoire.
Catherine Ozouf (Muséum – CNRS) a constaté « une grande quantité et une grande diversité de vie, équivalente à ce qui a été observé ailleurs en Antarctique », notamment dans les mers de Ross et de Weddell.
Les chercheurs ont décrit un foisonnement d’espèces peuplant le plateau continental et les zones plus éloignées, jusqu’à une profondeur de 2.000 m.
Ils ont pu observer « pour la première fois » vers 800 m de fond des sortes de « forêts coralliennes », des bryozoaires, « dans toute une gamme de couleurs allant du rose au rouge ».
« Il s’agit d’un système très complexe et il faudra beaucoup d’efforts pour éventuellement décrire une évolution dans un sens ou un autre », a fait remarquer Anne Goffart (Université de Liège).
« L’objectif était de mieux savoir ce qui se passe », a souligné Philippe Koubbi (Université Paris VI). « On a obtenu un état, on voudrait maintenant voir l’évolution et la modéliser », a-t-il ajouté.
Sur l’Aurora Australis, une caméra fixée au chalut de pêche a permis d’observer les fonds et la faune juste avant le passage du filet, une « grande avancée » pour Catherine Ozouf car cela a permis de « voir l’organisation des organismes » récoltés, de reconstituer les associations d’animaux sur les plus grands fonds.
Un site web (www.mnhn.fr/mersaustrales) mis en place par le Muséum permet de voir le déroulement des trois campagnes océanographiques.














