3 mars 2008

PARIS, 3 mars 2008 (AFP). Les politiques européennes visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports sont impuissantes face à la hausse continuelle du volume global des déplacements, selon une étude de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), présentée lundi.

L’AEE, dont le siège est à Copenhague, recommande par conséquent la définition de politiques ciblant non plus les seuls moyens de transports mais « tous les secteurs d’où émane la demande », dont l’industrie, les services et aussi la planification des villes.

Entre 1990 et 2005, les émissions de GES de l’UE à 25 (les 27 moins la Roumanie et la Bulgarie, qui les ont rejoints le 1er janvier 2007) ont diminué de 7,9% sous l’effet des politiques en faveur du climat.

Mais dans le même temps, les émissions du secteur des transports ont augmenté de 26% et représentaient 22% à elles seules du total des émissions polluantes en 2005.

« Si les émissions des transports avaient baissé au même rythme que dans les autres secteurs de la société, l’UE aurait réduit ses gaz à effet de serre de 14% au lieu de 7,9% », estiment les auteurs.

La « feuille de route de Bali », qui fixe le cadre de négociations sur le futur accord post-Kyoto (après 2012) préconise qu’au minimum, les pays développés réduisent leurs émissions de -10 à -30%, voire de -25 à -40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.

« Pour y parvenir, il faut limiter la croissance des émissions dues aux transports entre +4 % au maximum à -2% (si possible) au lieu des +15% prévus » au rythme actuel, note l’étude.

Mais les différentes politiques agissant sur la technologie des véhicules ou la qualité du carburant « sont annulées par la hausse du volume global des transports », en particulier celui des avions et des voitures.

De 1995 à 2004, le transport aérien de passagers a augmenté de 49%, celui par voitures de 18%; 74% des déplacements de passagers se faisaient en voitures en 2004 dans l’UE.

Or, « les constructeurs offrent une large gamme de voitures à moins de 120g de CO2/km mais ils en vendent trop peu pour contrebalancer les ventes des véhicules gros émetteurs », explique le rapport en suggérant des « différenciations fiscales », selon les émissions de dioxyde de carbone.