10 novembre 2006
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Ces images d’un passé peu glorieux vont-elles renaître ? Malheureusement, notre enthousiasme à la vue des éoliennes géantes ne peut qu’être modéré à la lecture des effrayantes vérités énergétiques : à moins que notre mode de vie ne change radicalement (et on le voit rien n’est moins sur), la prochaine étape pour assouvir nos besoins sera un recours massif au charbon, énergie aussi abondante que dangereuse. Il reste en effet, sur la planète, selon les statistiques officielles du gouvernement des Etats Unis, assez de charbon pour en bruler pendant 180 ans au rythme actuel : c’est l’énergie la plus facile à extraire après le pétrole, et relativement facile à transporter aussi. C’est donc la seule solution à moyen terme, alors que le pétrole et le gaz se raréfient et que les cours s’envolent. Alors qu’en France la dernière mine, on s’en souvient, fermait ses portes en 2004, le charbon était soudain, croyait-on, passé à l’histoire, 2 nouveaux projets d’ouverture de mines de charbon sont en cours de développement.
Le PDG d’EDF, Pierre Gadonneix, en parlait jeudi matin, interviewé dans les colonnes du quotidien 20 minutes : « Il nous faut investir massivement, notamment dans les réseaux et la production. C’est ce que fait EDF depuis deux ans. Et nous défendons résolument le nucléaire. C’est la seule solution, avec le charbon. Les économies d’énergie et les énergies renouvelables ou alternatives sont essentielles, mais ne suffiront pas. » Et justement, cette interview a coincidé avec l’annonce d’un deuxième projet d’ouverture de mine : Daniel Caille, ancien haut dirigeant de Vivendi, qui déclarait à l’AFP avoir déposé un dossier pour exploiter un gisement de charbon de Lucenay-lès-Aix/Cossaye (Nièvre), quelques semaines après le président du groupe d’exploration pétrolière Maurel & Prom, Jean-François Hénin.

et une dépêche de l’AFP fait le point sur cette peu réjouissante perspective, citant de nombreux intervenants  :  « le charbon, il y en a encore en Europe et il est facile d’exploitation », fait remarquer le député UMP, François-Michel Gonnot, président du club Energies et développement. « Le charbon pour produire de l’électricité est en train de revenir de manière assez importante dans le monde, avec beaucoup de projets de développements », souligne Colette Lewiner, directrice Energie du cabinet CapGemini.

Les Etats-Unis, qui ont d’importantes réserves, en utilisent encore et financent des programmes de développement pour rendre le charbon plus « propre », notamment en développant le stockage du dioxyde de carbone (CO2), une technologie pas encore au point.

Environ 70% de l’électricité chinoise provient de centrales à charbon.

« L’avenir du monde c’est le charbon », prédit M. Gonnot.

La messe est dite.