18 janvier 2009

BERLIN, 18 jan 2009 (AFP). Le ministre allemand de l’Economie, Michael Glos, a estimé que la conséquence de la crise du gaz avec la Russie et l’Ukraine devait être une diversification des sources énergétiques impliquant de faire fi du renoncement à l’énergie nucléaire en Allemagne.

Et le patron du numéro deux allemand de l’énergie RWE, Jürgen Grossmann, a abondé dans le même sens.

« Au plus tard maintenant, la crise actuelle du gaz doit rendre clair aux yeux de tous que nous ne pouvons nous permettre de renoncer à une source d’énergie », a estimé M. Glos dans le quotidien Handelsblatt à paraître lundi.

Une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires d’Allemagne aura lieu sous la prochaine législature, a pronostiqué M. Glos, membre des Unions chrétiennes (CDU-CSU) d’Angela Merkel.

Le maintien de l’abandon progressif d’ici 2020 du recours à l’atome civil, voté sous le gouvernement social-démocrate/Verts de Gerhard Schröder (SPD) (1998-2005), était une condition sine qua non à la formation de la coalition qui réunit actuellement au pouvoir CDU et SPD.

Mais Mme Merkel, qui entend bien rester chancelière lors de la prochaine législature, mais sans l’allié SPD, a fait savoir qu’elle ferait campagne pour une extension de la durée de vie des centrales les plus modernes en vue des législatives de septembre.

De son côté, le patron de RWE a affirmé: « si nous ne voulons pas accroître encore notre dépendance en matière d’importations énergétiques, nous avons besoin de l’énergie nucléaire ». Jamais les énergies renouvelables ne suffiront à pallier les besoins, et en outre, l’Allemagne est vouée à avoir de plus en plus besoin de gaz russe car les sources aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne ou en Norvège ne sauraient suffire, a ajouté M. Grossmann.

Pour le ministre de l’Economie, après cette crise du gaz où la Russie et l’Ukraine « ont perdu une bonne part de la confiance » dont ils bénéficiaient comme fournisseurs, il faut désormais tirer les conséquences « pour être mieux équipés à l’avenir » en matière d’approvisionnement énergétique.

Il faut certes réfléchir à d’autres sources de gaz et d’autres voies de transit pour le gaz, mais plus largement, il faut diminuer la dépendance de l’Allemagne au gaz et revoir en conséquence la politique énergétique du pays, a jugé M. Glos.