13 janvier 2009

STRASBOURG (Parlement européen), 13 jan 2009 (AFP). Le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen Daniel Cohn-Bendit a estimé mardi qu’il y avait une « instrumentalisation » de la crise du gaz russo-ukrainienne par les défenseurs de l’énergie nucléaire dans l’Union européenne.

« Il y a une instrumentalisation totale de cette crise par ceux qui veulent relancer le nucléaire », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

« Il faut se battre contre cette instrumentalisation », a-t-il ajouté, plaidant contre la relance en Slovaquie d’un vieux réacteur de type soviétique arrêté fin 2008.

« Il n’y a aucune raison de relancer cette centrale qui est très dangereuse, de type Tchernobyl. La preuve: le temps de remettre en route une centrale nucléaire, il n’y aura plus de crise de gaz. Tout ça, c’est du baratin, ça n’a rien à voir avec la crise actuelle », a estimé le député européen.

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a indiqué mardi avoir retardé la décision de réactiver ce vieux réacteur soviétique de type VVER-440/230 de la centrale de Jaslovske Bohunice.

M. Cohn-Bendit a, lui, insisté sur la nécessité de développer les énergies renouvelables dans l’UE. Un développement qui « prend du temps », mais pas plus que de construire une centrale nucléaire, a-t-il dit.

« Je n’ai jamais cru que l’énergie nucléaire était l’avenir », a déclaré le président des libéraux, Graham Watson. « Mais je comprends le débat et les pays les plus dépendants du pétrole et du gaz russe qui doivent assurer la fourniture d’énergie à leur population et leurs industries », a-t-il ajouté.

Le groupe du Parti populaire européen (PPE, conservateurs) a, lui, défendu la relance du nucléaire. « L’énergie dans son ensemble doit être utilisée, le nucléaire en fait partie, la politique nucléaire fait partie de la politique énergétique européenne », a insisté son président Joseph Daul.

« La crise a mis en lumière l’importance et l’utilité de plus d’énergie nucléaire », a déclaré le conservateur Jacek Saryusz-Wolski, président de la commission des Affaires étrangères.

Le nucléaire, utilisé par 15 des 27 Etats de l’UE pour produire de l’électricité, reste un sujet conflictuel en Europe.