BELGRADE, 9 jan 2009 (AFP). La situation en Serbie, provoquée par la « guerre du gaz » que se livrent Moscou et Kiev, se normalisait graduellement vendredi grâce aux livraisons de gaz convenues jeudi entre Belgrade et la Hongrie, ainsi qu’avec l’Allemagne, a rapporté la chaîne de télévision B92.
Dans la province de Voïvodine (nord), qui était particulièrement touchée par la pénurie, le chauffage a été rétabli à partir de jeudi soir lorsque le gaz a commencé à arriver de Hongrie, a rapporté vendredi la radio B92.
Dans plusieurs villes plongées dans le froid, telles que Novi Sad, Zrenjanin, Pancevo, Kikinda et Vrsac, le chauffage est revenu et la situation était quasiment normale vendredi matin.
« Le gaz de Hongrie nous a permis de rétablir le chauffage » en Voïvodine, a indiqué Dusan Bajatovic, directeur de la compagnie gazière publique serbe Srbijagas, à la chaîne B92.
Vendredi matin, « les livraisons de gaz en provenance de l’Allemagne ont commencé à arriver », a ajouté M. Bajatovic.
La Hongrie a annoncé jeudi qu’elle fournirait jusqu’à 2 millions de mètres cubes de gaz par jour à la Serbie, puisés dans ses réserves. Le gaz de Hongrie a commencé à être acheminé vers la Serbie jeudi à partir de 16h00 locale (15h00 GMT).
Par ailleurs, le président serbe Boris Tadic a déclaré jeudi que Belgrade avait convenu avec le gouvernement allemand de livraisons quotidiennes de trois millions de mètres cubes de gaz.
M. Tadic a assuré que « l’approvisionnement en gaz sera stable » et noté que les livraisons assurées pour surmonter la crise démontraient « la solidarité européenne ».
Il a indiqué d’autre part vendredi que la Serbie pourrait, si nécessaire, faire appel à des livraisons de gaz venues d’Autriche de l’ordre de deux à trois millions de mètres cubes, sans préciser s’il s’agissait d’une quantité journalière.
A Vienne, les autorités autrichiennes ont modéré toutefois les déclarations du président Tadic.
« L’Autriche s’est engagée à examiner la demande d’approvisionnement en gaz » formulée par Belgrade, a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Peter Launsky-Tieffenthal, signifiant qu’elle n’a pas donné d’accord formel à ce stade.
« La Serbie a contacté l’Autriche et nous lui avons proposé une assistance technique », a-t-il souligné.
Le porte-parole du groupe autrichien OMV, Thomas Huemer, a pour sa part indiqué à l’agence APA « ne pas voir en ce moment de possibilité d’exporter du gaz ».
Selon Belgrade, les quelque cinq millions de mètres cubes par jour livrés par la Hongrie et l’Allemagne devraient permettre de parer au plus urgent, tant que seront interrompues les livraisons de gaz russe.
La Serbie importe quotidiennement en temps normal 10 millions de mètres cubes de gaz russe.
M. Tadic a noté aussi que la crise n’aurait pas été aussi aiguë si les entrepôts de gaz à Banatski Dvor (nord) avaient été remplis « à temps ».
« Les quantités entreposées l’été dernier sont insuffisantes » pour pallier la crise, a indiqué M. Tadic en promettant que les autorités se chargeraient de remplir ces entrepôts l’été prochain.
« Nous devons retenir certaines leçons et posséder des systèmes alternatifs de chauffage », a ajouté M. Tadic.
Dans le même esprit, le vice-Premier ministre serbe Bozidar Djelic a estimé que Belgrade devait se doter d’une nouvelle stratégie dans le domaine énergétique, l’actuelle, remontant à 2005, étant « complètement dépassée ».
La Serbie pourrait utiliser la lignite et avoir recours à des énergies renouvelables, a-t-il dit.
L’accord énergétique signé avec la Russie en décembre prévoit aussi la construction de capacités de stockage de gaz à Banatski Dvor, ce qui rendrait la « situation beaucoup plus facile », a-t-il conclu.














