12 décembre 2008

BRUXELLES, 12 déc 2008 (AFP). La présidence française de l’UE a modifié légèrement ses propositions pour tenter d’arracher un accord sur le plan européen sur le climat, mais sans toucher à l’un des points les plus contestés par la Hongrie, l’un des derniers pays à n’être pas satisfait du plan.

Les dernières propositions françaises qui seront soumises vendredi matin aux dirigeants de l’UE, au deuxième jour de leur sommet, n’ont pas bougé sur le mécanisme de solidarité prévu pour aider les pays les plus pauvres à l’est de l’UE à s’adapter à la révolution verte que le plan européen est censé engendrer, contrairement à ce que demande Budapest.

Selon ce texte dont l’AFP a obtenu copie, il est toujours prévu de leur octroyer, au titre de cette solidarité, 12% de l’ensemble des permis de polluer mis aux enchères dans l’UE, comme dans les propositions présentées jeudi par la France aux dirigeants.

Le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany réclame lui jusqu’à 20% d’allocations. Deux rencontres en aparté jeudi soir avec le président français Nicolas Sarkozy n’ont pas permis de dégager un compromis sur ce point.

La présidence française propose en revanche des modifications sur d’autres points.

Ainsi, les industries européennes non exposées à la concurrence internationale pourraient avoir à payer pour toutes leurs émissions de gaz polluant d’ici 2025.

Jusque là, aucun objectif n’avait été fixé au-delà de l’horizon 2020.

Le précédent projet de texte, dont avaient débattu jeudi les dirigeants au premier jour de leur sommet à Bruxelles, indiquait simplement que ces secteurs industriels devraient payer 20% de leurs émissions polluantes à partir de 2013, pour arriver à 70% en 2020.

La dernière mouture prévoit aussi que l’UE pourra revoir la liste des secteurs les plus exposés à la concurrence internationale, qui pourront eux bénéficier de permis totalement gratuits, en juin 2010, « à la lumière du résultat des négociations internationales » sur le climat. Un point sur lequel insistait l’Italie.

La Pologne a pour sa part obtenu une grande souplesse dans la mise en oeuvre de la dérogation accordée à ses centrales thermiques au charbon, qui n’auront à payer pour la totalité de leurs émissions de CO2 qu’en 2020.

Elle devra payer pour seulement 30% de ces émissions en 2013, puis pourra gérer à sa convenance l’augmentation progressive de cette obligation, alors qu’une précédente mouture l’obligeait à une progression régulière, pour être à notamment 50% en 2016.

En revanche, le texte souligne, à la demande de l’Allemagne, que toute centrale entrant en fonction après le 31 décembre 2008 ne pourra pas bénéficier de cette dérogation. Berlin craignait que de nouvelles centrales aillent s’installer en Pologne uniquement pour profiter de ces dérogations.

Enfin, le texte prévoit une augmentation des quotas d’émission disponibles, de 150 à 200 millions, pour le financement d’installations de stockage et de capture de carbone, une technologie encore balbutiante et très coûteuse.

Ce chiffre reste cependant très en-deçà de ce que demandait le Parlement européen, qui voulait initialement 500 millions.