PARIS, 11 déc 2008 (AFP). La situation de la pêche « est grave » et la disparition des pêcheries « n’est plus une hypothèse d’école », estime un rapport parlementaire rendu public jeudi qui appelle entre autres à un dialogue entre pêcheurs et décideurs politiques en France, et à une véritable gestion internationale.
La pêche est un « secteur économique en crise profonde » et « l’hypothèse de la disparition, des pêcheries n’est plus une hypothèse d’école », affirme ce rapport, intitulé « Marée amère – Pour une gestion durable de la pêche » et réalisé par le sénateur de la Sarthe Marcel-Pierre Cléach (UMP) pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).
« La situation de la pêche est grave », avec « au niveau mondial les captures (qui) stagnent depuis une vingtaine d’années malgré un effort de pêche toujours plus important », affirme l’auteur du rapport.
« Il n’y a plus de stock pouvant soutenir une nouvelle croissance des captures », ajoute le sénateur. « Au contraire, ce sont les stocks surexploités qui sont de plus en plus nombreux (et) il ne suffit pas toujours d’arrêter la pêche pour retrouver l’abondance d’autrefois », rappelle-t-il.
La pêche fournit 20 % des protéines animales pour l’alimentation humaine, et elle en est la principale source pour 1 milliard d’hommes.
Le sénateur Cléach propose des « grands axes d’action » dont, en premier lieu, « rétablir le dialogue entre les pêcheurs, les scientifiques et les décideurs politiques ».
Selon lui, il faut par ailleurs « construire les outils de la décision politique » en faisant de l’halieutique « une véritable priorité » et en encourageant entre autres les aires marines protégées.
Il faut encore « faire des pêcheurs les premiers acteurs d’une pêche responsable » pour « assurer la préservation des stocks et leur propre pérennité économique », avec « deux préalables incontournables », la réduction des capacités de pêche et « l’abandon d’une culture de fraude et de passager clandestin ».
Enfin, il faut « des pouvoirs publics qui exercent leurs prérogatives » – « contrôler et sanctionner sans faiblir » -, et « des citoyens mieux informés et plus responsables », estime le rapport.
Constatant que, au niveau européen, « la Politique commune des pêches est un échec », et qu’en France « la pêche va de crise en crise, le rapport appelle à « une prise de conscience » et « des mesures courageuses ».
Abordant la question de l’aquaculture, qui fournit aujourd’hui 43% de l’approvisionnement en poisson pour l’alimentation humaine, le sénateur Cléach souligne que, « d’ici 2030, elle n’offrira aucune alternative à la nécessité de gérer enfin rigoureusement les pêches mondiales » car elle ne peut remplacer la pêche sauvage.
Le rapport souligne ainsi la nécessité « d’agir au niveau international » en faisant de la gestion des pêches « l’un des thèmes de l’Union pour la Méditerranée », en luttant contre la piraterie et en « empêchant l’effondrement du stock de thon rouge de la Méditerranée » par différentes actions, dont la création de sanctuaires.
Le rapport constate que la pêche de loisir a un impact aussi important que la pêche professionnelle sur plusieurs espèces, et appelle à « une réglementation beaucoup plus stricte ».














