5 décembre 2008

BRUXELLES, 5 déc 2008 (AFP). Le gouvernement italien a demandé vendredi à ses partenaires européens que son industrie la plus exposée soit exemptée du principe du pollueur-payeur, prévu dans le plan européen sur le climat, afin d’éviter des délocalisations, selon un communiqué publié à Bruxelles.

« La proposition que nous avons présentée aujourd’hui vise à améliorer le paquet climat-énergie » en négociation au sein de l’UE, a précisé la ministre de l’Environnement Stefania Prestigiacomo dans ce texte.

Cette proposition a été soumise vendredi à la présidence française de l’UE, a précisé Mme Prestigiacomo.

L’Italie propose un système de permis d’émissions de CO2 gratuits pour protéger tous les secteurs industriels exposés à des risques significatifs de devoir délocaliser, en raison des coûts du plan ou d’une exposition élevée à la concurrence internationale.

« Tous les principaux secteurs industriels italiens devront pouvoir bénéficier de cette protection », selon le souhait de Rome.

« Nous craignons que les entreprises du secteur manufacturier soient confrontées à des coûts tels que leur compétitivité et donc la poursuite de leurs activités en Europe sera menacée, avec toutes les conséquences que cela impliquerait en termes d’emplois », a expliqué Mme Prestigiacomo.

Les revendications de l’Italie sont similaires à celles de l’Allemagne, qui a demandé une exemption pour les secteurs de la chimie de base, du ciment, de l’acier de la chaux, qui représentent 67% des émissions de CO2 de l’industrie nationale.

Les Européens se sont engagés en mars 2007 sur un triple objectif pour 2020: réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d’économies d’énergie.

La contribution de l’industrie est une réduction de 21% de ses émissions de CO2 par rapport à leurs niveaux de 2005.

Pour contraindre les industriels à remplir leurs obligations, la Commission européenne préconise de leur faire payer chaque tonne de CO2 émise à partir de 2013.

Les fournisseurs d’électricité devront payer pour l’intégralité de leurs émissions dès 2013. Le plan prévoit une progressivité pour les autres secteurs industriels: 20% des émissions en 2013 pour arriver à 100% en 2020. L’Allemagne refuse cette progressivité.

Les dirigeants de l’UE vont tenter de trouver un accord lors de leurs sommet les 11 et 12 décembre à Bruxelles.

L’Italie menace d’opposer son veto si ses demandes sont refusées.