4 décembre 2008

BRUXELLES, 4 déc 2008 (AFP). Les Européens sont très proches d’un accord sur la manière d’inclure obligatoirement 20% d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biocarburants) dans leur consommation énergétique totale en 2020, malgré un point de contentieux avec l’Italie.

Ce projet constitue l’un des piliers d’un plan européen de lutte contre le réchauffement climatique visant à réduire les gaz à effet de serre dans l’UE de 20% en 2020 par rapport à 1990.

Toutes ses composantes font actuellement l’objet de négociations serrées, qui seront complétées si besoin au sommet européen des 11 et 12 décembre.

« Dans les prochains jours, nous serons en mesure de confirmer notre accord pour fixer une part de 20% d’énergies renouvelables dans l’UE en 2020 », a estimé jeudi le commissaire européen à l’Energie Andris Piebalgs, lors d’un débat au Parlement européen.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des discussions entre le Conseil (qui réunit les gouvernements de l’UE), la Commission et le Parlement ont permis de quasiment boucler les négociations.

« Les nouvelles sont extrêmement bonnes. Nous avons trouvé un accord à deux heures du matin sur toute la directive, à l’exception de la demande de l’Italie », a expliqué le rapporteur parlementaire du texte, l’eurodéputé vert luxembourgeois Claude Turmes, lors d’un point de presse. « Selon nos informations, l’Italie pourrait y renoncer d’ici vendredi », a-t-il ajouté.

L’un des aspects majeurs de cette loi prévoit que plusieurs pays pourront s’associer sur des projets communs d’infrastructures d’énergies renouvelables. Ainsi, un investissement belge réalisé par exemple en Allemagne pourra rapporter des kilowattheures (kwh) « verts » qui iront dans l’objectif national de renouvelables imposé à la Belgique.

L’Italie souhaite que le fonctionnement de ces mécanismes de coopération soient réévalués en 2014, un rendez-vous rejeté par les eurodéputés.

M. Turmes estime que cette révision à si court terme (voulue selon lui par les groupes énergétiques italiens) dissuadera les investisseurs de se lancer dans des projets de renouvelables.

Il craint aussi que les pays de l’UE n’en profitent pour revoir à la baisse leurs objectifs nationaux.

Une réunion vendredi des ambassadeurs des pays européens auprès de l’UE servira notamment à convaincre l’Italie à renoncer à cette révision, a indiqué M. Turmes.

Les négociateurs ont en revanche bouclé le chapitre controversé des biocarburants qui devront composer obligatoirement 10% du cocktail énergétique des Européens en 202O.

Tout approvisionnement d’une voiture électrique par de l’électricité renouvelable -venant par exemple d’une centrale hydraulique- bénéficiera d’un « bonus » (le kwh consommé sera multiplié par 2,5 dans les comptes nationaux).

Autre nouveauté, introduite par la présidence française de l’UE, la consommation des trains en électricité renouvelable pourra être comptabilisée dans l’objectif de 10% des transports.