2 décembre 2008

BRUXELLES, 2 déc 2008 (AFP). Plus de 10.000 métallurgistes, en majorité allemands, ont manifesté mardi à Bruxelles leur opposition à certaines mesures du plan européen de lutte contre le réchauffement climatique, qu’ils accusent de « mettre en danger les emplois dans l’industrie sidérurgique ».

Les manifestants –11.300 selon la police, plus de 12.000 selon les organisateurs– ont manifesté à quelque encablures du quartier européen, placé sous protection policière.

Un groupe d’ouvriers, coiffés de leurs casques de protection et de leurs vêtements de travail, portait à bout de bras un cercueil symbolisant les funérailles de la métallurgie européenne.

Les gros bataillons étaient allemands. « 154 cars sont arrivés d’Allemagne », a précisé à l’AFP un représentant de la CSC Metal.

La Fédération Européenne des Métallurgistes (FEM) critique spécifiquement le projet de vendre aux enchères aux industries européennes les permis d’émettre du CO2 à partir de 2013, ce qui « met en danger la production et les emplois dans l’industrie sidérurgique et des métaux non ferreux ».

« Les producteurs européens sont confrontés à une concurrence internationale exacerbée, avec des producteurs qui ne satisfont pas aux normes d’efficacité européennes et ne sont soumis à aucune restriction en matière d’émissions », souligne la Fédération dans un communiqué.

L’industrie sidérurgique européenne compte plus de 400.000 travailleurs qualifiés et l’industrie des métaux non ferreux 250.000.

Elles réclament la gratuité des « droits à polluer » et une évaluation de l’impact social des mesures envisagées.

Les Européens se sont engagés en mars 2007 sur un triple objectif pour 2020: réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d’économies d’énergie.