24 novembre 2008

KINSHASA, 24 nov 2008 (AFP). Greenpeace a ouvert lundi son premier bureau en République démocratique du Congo (RDC), qui abrite une partie de la forêt du Bassin du Congo, deuxième « poumon » de la planète après l’Amazonie, a-t-on appris auprès de l’organisation écologiste.

Le bureau se trouve à Kinshasa, la capitale de la RDC, mais la cérémonie a eu lieu symboliquement à Matadi (ouest), le principal port d’exportation du bois du pays, en présence du ministre de l’Environnement, José Endundo Bononge.

C’est le deuxième bureau que Greenpeace ouvre en Afrique, après celui de Johannesburg à la mi-novembre, et avant celui de Dakar début 2009.

La dégradation et le pillage des forêts de RDC justifient l’ouverture d’un bureau à Kinshasa, a expliqué à l’AFP Jérôme Frignet de Greenpeace France. « La campagne forêt de Greenpeace a trois enjeux prioritaires dans le monde: l’Amazonie, le Bassin du Congo, et la forêt de l’Ouest Pacifique », a-t-il ajouté.

A cette occasion, Greenpeace a demandé « au gouvernement congolais de finaliser le processus de révision de la légalité des 156 titres d’exploitation forestière existants en toute transparence ».

Début octobre, 46 titres de propriété forestiers (représentant 7 millions d’hectares) sur 156 ont été convertis en contrats de concession et octroyés à des sociétés exploitantes, afin de parvenir à une meilleure gestion des ressources.

Mais des compagnies ont déposé 88 recours auprès de la commission interministérielle qui a passé en revue les anciens titres forestiers attribués à des sociétés.

« Le gouvernement congolais ne doit pas céder aux pressions des industriels du bois » qui souhaitent « conserver une dizaine de millions d’hectares de forêts supplémentaires acquis en toute illégalité », a estimé René Ngongo, conseiller politique de Greenpeace Afrique.

Environ 60% des 60 millions de Congolais dépendent directement ou indirectement des forêts pour leur subsistance, a rappelé dans un communiqué Greenpeace, qui demande au gouvernement d' »agir » au profit des populations et de ne pas procéder à « un arbitrage politique en faveur d’une industrie aujourd’hui directement responsable du pillage et de la dégradation des forêts du Congo ».

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