20 novembre 2008

BRUXELLES, 20 nov 2008 (AFP). Face aux appétits suscités par l’accès aux ressources de l’Arctique grâce à la fonte des glaces, l’Union européenne va insister pour le respect de règles de bonne gouvernance et de développement durable dans cette région, sans pour autant demander un traité international.

La Commission européenne, bras exécutif de l’UE, a souligné jeudi qu’elle essaierait de faire valoir les principes de « multilatéralisme », de « dialogue » et de « protection de l’environnement » sur le développement d’une région que le réchauffement climatique a commencé à métamorphoser.

L’UE est peu influente sur une région dont un seul de ses membres, le Danemark, est riverain. Mais elle veut se faire entendre face aux revendications des « puissants » autres riverains que sont les Etats-Unis, le Canada et la Russie.

Avec la fonte des glaces, d’importantes ressources de pétrole et de gaz mais aussi en poissons devraient devenir accessibles. La région pourrait receler près de 25% des réserves mondiales de gaz et de pétrole.

La Commission a indiqué ne pas vouloir – ni pouvoir – s’opposer à l’exploitation des ressources qui s’annonce, et pour lesquelles les grandes puissances sont déjà sur les rangs.

« L’exploitation a déjà commencé, et puisque c’est ainsi, nous voulons que les critères les plus stricts soient appliqués » en matière de protection de l’environnement, a souligné la commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.

Le commissaire européen chargé de la Pêche et des Affaires maritimes, Joe Borg, a aussi souligné que l’UE voulait « influencer » le règlement de « problèmes complexes », évoquant l’évolution des zones maritimes et l’ouverture de zones de pêche « non couvertes par des accords de pêche internationaux ».

Plusieurs pays revendiquent une extension de leur zone maritime, fixée aujourd’hui à 200 milles marins, devant la Commission des limites du plateau continental créée par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

Pour autant, Bruxelles ne demande pas la négociation d’un traité sur l’Arctique, même si les eurodéputés ont plaidé début octobre en ce sens.

« Nous sommes de l’avis qu’il y a déjà un cadre international très complet: la Convention de l’ONU sur le droit de la mer fournit les bases pour le règlement de différends », y compris la délimitation des zones nationales, et « permet la coopération régionale », a indiqué Mme Ferrero-Waldner, faisant valoir par ailleurs que les pays riverains s’étaient opposés à un tel traité.

Pour gagner en influence, l’UE va demander le statut d’observateur permanent auprès du Conseil de l’Arctique – un forum réunissant les gouvernements régionaux et les populations autochtones censé discuter de tous les problèmes de la région, a indiqué Mme Ferrero-Waldner.

Trois pays de l’UE sont déjà présents au sein de ce Conseil: le Danemark, la Suède et la Finlande.

La Commission souhaite aussi parvenir à une action concertée des 27 Etats membres sur ce dossier, embryon d’une politique commune sur l’Arctique qu’elle appelle de ses voeux.