STRASBOURG (Parlement européen), 20 nov 2008 (AFP). Le Parlement européen a décidé jeudi de reporter à la mi-décembre son vote sur le plan européen de lutte contre le changement climatique, permettant ainsi une semaine supplémentaire de négociations.
Les Etats membres de l’UE sont encore loin d’un accord sur les moyens pour mettre en oeuvre leur ambitieux projet, et la décision du Parlement était attendue avec anxiété par la présidence française de l’UE.
« L’hypothèque du vote prévu le 3 décembre est maintenant levée et les négociations vont pouvoir s’intensifier jusqu’au dernier moment », soit jusqu’au sommet européen des 11-12 décembre, a expliqué à l’AFP un de ses représentants, sous couvert de l’anonymat.
Le vote était initialement prévu pour la session des 3 et 4 décembre à Bruxelles, mais le Parlement a estimé jeudi n’être « pas prêt » à se prononcer sur ces directives complexes.
Il a donc décidé de reporter le vote à la session plénière mensuelle prévue à Strasbourg du 15 au 18 décembre, quelques jours après le sommet des 11-12.
« Cela permettra au Parlement d’avoir beaucoup plus d’informations au moment de vote et pas seulement de se prononcer sur des textes de la Commission qui ont plusieurs mois », a expliqué le porte-parole du Parlement européen.
Ce report n’enthousiasme pas tous les députés européens. « En décidant ce report, le Parlement européen n’influence pas le Conseil (européen), il est à sa remorque », a estimé Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts.
Les négociateurs du Parlement européen ont toutefois prévenu les dirigeants des Etats membres contre toute tentation d’imposer des modifications non concertées au plan européen.
« Le sommet européen ne nous dira pas ce que nous devons faire », a affirmé l’eurodéputée conservatrice irlandaise Avril Doyle, chargée du dossier de la vente des droits à polluer de l’industrie à partir de 2013, clef du plan négocié avec les Etats membres.
L’UE s’est fixée un triple objectif pour 2020: réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation et faire 20% d’économies d’énergie.
Mais le principe du pollueur-payeur est le plus difficile à faire accepter. Tous les pays réclament des exemptions et leurs revendications menacent de faire échouer le projet.
L’Allemagne, entrée en période électorale, est selon les négociateurs le pays le plus difficile à convaincre. Mais deux autres, la Pologne et l’Italie, ont menacé d’opposer leur veto lors du sommet si leurs demandes ne sont pas satisfaites.
Il reste trois semaines pour trouver un accord. Un sommet franco-allemand lundi ouvrira la voie, suivi par une réunion des ministres de l’Environnement les 4 et 5 décembre.
Président en exercice de l’UE, le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy rencontrera les dirigeants polonais et leurs homologues de neuf autres pays d’Europe de l’Est le 6 décembre en Pologne pour tenter de vaincre leurs réserves.
Les ministres de l’Energie de l’UE boucleront ce marathon de négociations le 8 décembre et tenteront de finaliser les compromis pour les soumettre à l’arbitrage des dirigeants trois jours plus tard.














