17 novembre 2008

NICE, 17 nov 2008 (AFP). Le conseil général des Alpes-Maritimes et Réseau de Transport d’Electricité (RTE) ont annoncé lundi leur intention de proposer à l’Etat l’enfouissement d’une nouvelle ligne à très haute tension (THT) de 225.000 volts couplé à un plan de développement des énergies renouvelables pour assurer la sécurité électrique du sud-est de le France.

« A partir du moment où RTE affirme disposer aujourd’hui des solutions techniques garantissant la possibilité d’enterrer une ligne de 225.000 volts, c’est la solution que nous proposerons à Jean-Louis Borloo », ministre de l’Ecologie, a déclaré à la presse Christian Estrosi, maire UMP de Nice et président du conseil général des Alpes-Maritimes.

Ce projet, a-t-il ajouté, n’a été contesté par aucun des participants à un « Grenelle départemental de l’Energie » qui s’est tenu lundi après-midi au conseil général. Quelque 150 personnes, dont Dominique Maillard, président de RTE, avaient été invitées à débattre des solutions pour assurer l’approvisionnement du Sud-Est en électricité.

Une réunion sur ce sujet organisée par Jean-Louis Borloo se tiendra à Paris mercredi 26 novembre. Le projet d’enfouissement de la nouvelle ligne électrique, réalisable d’ici 2014, y sera présenté, selon M. Estrosi.

Cette solution ne répondra cependant qu’à 80% des besoins de la région et nécessitera de mettre en oeuvre des mesures complémentaires.

« Si l’Etat s’engage à participer au financement de cette ligne, nous nous engageons à apporter le complément en développant les énergies renouvelables produites sur place », a assuré le maire de Nice.

Il a fixé à 25% d’ici 2015 l’objectif de production d’une électricité « locale » qui serait obtenue via, notamment, le développement du solaire, de l’hydro-électricité, de la filière bois. Les Alpes-Maritimes produisent actuellement 10% de leur électricité.

Catherine Greivelbinger, directrice régionale de RTE en PACA, a précisé que le tracé de la nouvelle ligne THT restait à définir et qu’il le serait dans le cadre d’une concertation publique. La question de savoir si la ligne sera enterrée en totalité ou en partie doit également être étudiée, a-t-elle ajouté.

« Nous avons retenu la leçon du Conseil d’Etat et il n’est pas question d’un passage par les gorges du Verdon », a précisé Mme Greivelbinger.

En 2006, le Conseil d’Etat avait annulé le projet de construction d’une ligne à très haute tension (400.000 volts) entre Boutre (Var) et Carros (Alpes-Maritimes) qui aurait traversé le parc naturel du Verdon. Cette ligne devait venir renforcer le réseau électrique de la région PACA, jugé trop fragile, notamment dans les Alpes-Maritimes.

Le 3 novembre, une coupure géante due aux intempéries a privé d’électricité 1,5 million de foyers entre le Var et la frontière italienne, soulignant la nécessité de sécuriser l’alimentation électrique de cette zone.

Présent lors des discussions de l’après-midi, Robert Ferrato, représentant du collectif d’associations qui avaient contesté le projet de ligne Boutre-Carros a salué ce « tournant du débat ».

Interrogé par l’AFP, il a observé que « c’est la première fois que (nous) entendons RTE évoquer la perspective de l’enfouissement des lignes que (nous) défendons depuis des années ».