13 novembre 2008

PARIS, 13 nov 2008 (AFP). Le président en exercice de l’Union européenne (UE), Nicolas Sarkozy, et les chefs de gouvernement de neuf pays d’Europe de l’Est se réuniront le 6 décembre à Gdansk (Pologne) pour discuter du paquet européen énergie-climat, a annoncé jeudi à Paris le Premier ministre polonais.

« Je serai très heureux d’accueillir le président Sarkozy le 6 décembre à Gdansk. Ce sera l’occasion d’organiser une rencontre, lors d’un déjeuner de travail, avec tous les Etats qui, avec nous, cherchent une autre solution énergétique », a déclaré Donald Tusk à la presse à l’issue d’un entretien à l’Elysée avec le président.

« Nous allons encore travailler pour pouvoir, le 6 décembre, présenter un projet qui satisfera les voeux de ceux qui se sont sentis menacés par le projet actuellement en discussion », a ajouté M. Tusk.

Nicolas Sarkozy a confirmé au chef du gouvernement polonais qu’il participerait à cette réunion, en marge des célébrations organisées le 6 décembre à Gdansk pour les 25 ans de l’attribution du Nobel de la paix à Lech Walesa, a fait savoir de son côté l’Elysée.

Outre le président en exercice de l’UE et le Premier ministre polonais, les chefs de gouvernement de la Bulgarie, de l’Estonie, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la République tchèque, de la Roumanie et de la Slovénie, a précisé Donald Tusk.

Les pays de l’est de l’Europe, membres de l’UE, rechignent à adopter l’ambitieux programme proposé par la Commission européenne pour lutter contre le réchauffement climatique, qui prévoit notamment la réduction de 20% des émission de CO2 d’ici 2020.

La Pologne a ainsi brandi la menace d’un veto à ce plan, qui doit être adopté par les 27 lors d’un Conseil européen de Bruxelles les 11 et 12 décembre.

Les pays de l’Europe de l’Est, dont une très large part de l’électricité provient de centrales thermiques à charbon fortement émettrices de pollution, s’opposent aux mesures proposées par Bruxelles, estimant que les coûts de l’opération risquent de compromettre leur croissance économique.

A l’issue de son entretien avec Nicolas Sarkozy, Donald Tusk a fait état de progrès sur ce dossier. « Il nous faudra encore beaucoup de discussions avec la présidence, avec la Commission, mais les points de vue sont maintenant très proches », s’est-il réjoui.

« Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus proches du succès, c’est-à-dire de l’adoption en décembre d’un paquet énergie-climat beaucoup plus proche des préoccupations des pays les plus démunis », a poursuivi Donald Tusk.

La présidence française s’est montrée plus réservée. « Nous avons maintenant des bases communes pour travailler. Chacun est maintenant désireux de travailler avec un esprit de compromis », a-t-on indiqué à l’Elysée.

Lors du dernier conseil européen le 15 octobre, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait lui aussi menacé d’opposer son veto au plan de la Commission, dénonçant son coût pour l’industrie italienne.