DAKAR, 7 nov 2008 (AFP). L’Afrique profite peu des Mécanismes de développement propre (MDP), instruments de lutte contre le changement climatique lancé en 2005, en raison de « contraintes administratives et techniques », selon des spécialistes du climat réunis jeudi et vendredi à Dakar.
Les Mécanismes de développement propre, prévus par le protocole de Kyoto, permettent aux pays développés d’effacer une partie de leurs émissions de gaz à effet de serre en investissant dans un projet « propre » au sud portant sur l’énergie, les déchets, les industries lourdes ou, dans une moindre mesure, la reforestation.
Selon le directeur de l’Environnement du Sénégal, Cheikh Ndiaye Sylla, sur 1.192 projets MDP actuellement validés dans le monde, 25 seulement reviennent à l’Afrique, une des régions les plus touchées par les effets néfastes du changement climatique malgré sa part très faible dans les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Ces 25 projets, consuits en Afrique du Sud, au Maroc, au Nigeria et en Tanzanie, représentent selon lui 2,27% des projets du MDP contre plus de 65% pour l’Asie et 33% pour les pays latino-américains et les Caraïbes.
« Il y a beaucoup de difficultés administratives et techniques à mettre en place ces mécanismes », a déclaré l’ancien ministre français de l’Environnement, Serge Lepeltier, lors d’un forum sur le changement climatique en Afrique de l’ouest.
« Les pays développés peuvent investir dans les pays en développement pour limiter les gaz à effet de serre. Mais il faut adapter ces investissements aux pays africains », a-t-il ajouté.
« Les gens estiment qu’il y a trop de risques à investir en Afrique. Quand on négocie, on pense beaucoup plus à l’économie. C’est un processus qui est basé sur le marché et les investisseurs vont au plus offrant », a estimé M. Ndiaye Sylla.
De son côté, le chef de la délégation de l’Union européenne à Dakar, Gilles Hervio, a admis que « pour l’instant, l’Afrique n’a pas réussi à saisir les opportunités qu’offre le MDP ».














