30 octobre 2008

BRAZZAVILLE, 30 oct 2008 (AFP). Le président congolais Denis Sassou Nguesso, qui avait estimé mercredi « inacceptable » que l’Afrique ne soit pas invitée au sommet du G20 le 15 novembre à Washington sur la refonte du système financier international va s’y rendre mandaté par huit chefs d’Etat africains.

Le président congolais « va se rendre à Washington », a affirmé Henri Djombo, ministre de l’économie forestière du Congo.

Pour le moment, le président congolais n’a pas reçu d’invitation, a appris l’AFP de sucre proche de la présidence, mais il a en revanche a été désigné par huit de ses pairs africains présents jeudi à Brazzaville au 6e Forum Mondial du Développement durable (FMDD) pour y assister.

« Les chefs d’Etat ont décidé que le président Denis Sassou Nguesso puisse faire le plaidoyer pour l’Afrique à l’occasion de la réunion historique du 15 novembre à Washington », a déclaré M. Djombo en lisant la déclaration adoptée par les 1.348 participants au FMDD.

Les huit chefs d’Etat qui ont désigné le dirigeant congolais sont Omar Bongo Ondimba (Gabon), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Thomas Yayi Boni (Bénin), François Bozizé (République centrafricaine), Faure Gnassingbé (Togo), Fradique de Menezes (Sao Tome et Principe) et Pierre Nkurizinza (Burundi).

Leur proposition a été soutenue par la prix Nobel de la paix 2004, Wangari Maathai.

« A Washington, il s’agira de faire un plaidoyer pour le développement durable, mais aussi du nouveau contexte financier international. Il s’agira de faire un nouveau gouvernement économique », a estimé Emile Malet, directeur de la revue française Passages, créateur du FMDD.

Le G20 comprend les grands pays industriels membres du G8 (Etats-Unis, Allemagne, Canada, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) ainsi que onze grands pays émergents dont l’Afrique du Sud, seul pays africain, plus l’Union européenne (UE).

Mercredi M. Sassou Nguesso avait déclaré qu’il était « inconcevable et inacceptable que l’Afrique (…) soit mise à l’écart du débat décisif sur la refondation du système de Bretton Woods ». Il avait demandé que « soit revu le format de la réunion (…) afin que l’Afrique, à travers l’Union africaine, y trouve sa place ».

M. Sassou Nguesso a estimé que l’invitation faite à l’Afrique du Sud n’était pas suffisante: « Il est entendu et compris que l’Afrique du Sud y est conviée, non pas au nom de l’Afrique, mais en tant que pays émergent »

« Ce qui se joue aujourd’hui, c’est l’avenir du monde, l’Afrique ne peut être tenue à la marge puisqu’elle est justement l’avenir du monde », avait-il ajouté.

Le sommet de Washington, voulu par le président français Nicolas Sarkozy et organisé dans l’urgence par l’administration Bush, doit réunir les 14 et 15 novembre les chefs d’Etat et de gouvernement du G20.

Il sera précédé le 8 et 9 novembre d’une réunion des grands argentiers du G20 à Sao Paulo au Brésil.

Les membres du G20 planchent sur trois grands thèmes: élargir le champ de la régulation, améliorer les réglementations existantes et améliorer la coordination, avec pour grands principes généraux une meilleure transparence et plus de responsabilité de la part des acteurs financiers, selon un autre diplomate européen.