30 octobre 2008

BRUXELLES, 30 oct 2008 (AFP). La Belgique a critiqué jeudi l’Italie pour ses menaces de bloquer le plan de lutte européen contre le réchauffement de la planète à cause de son coût qui, selon la Commission européenne, sera en fait de moitié inférieur à ce que prétend Rome.

Le ministre belge de l’Environnement Paul Magnette s’est demandé « si les Européens sont vraiment convaincus » de la nécessité de ce plan d’action, au cours d’un débat organisé jeudi à Bruxelles avec le commissaire européen à l’Energie Andreis Piebalgs.

« On ne peut pas ne pas tenir compte des problèmes » rencontrés par les Etats de l’UE, a-t-il ensuite expliqué lors d’un entretien avec l’AFP.

« Mais je ferai une différence entre les pays qui ont un vrai problème objectif comme la Pologne, dont la production d’électricité dépend à 80% de la lignite et qui risque d’avoir des surcoûts massifs, et ceux, comme l’Italie, qui sautent sur les résistances des autres et essaient de les structurer pour bloquer » l’ensemble du plan, a-t-il poursuivi.

M. Magnette a dénoncé des « connivences évidentes entre certaines autorités politiques et certains milieux d’affaires » dans le cas de l’Italie.

« Il faut pouvoir y résister totalement », a-t-il affirmé, soulignant que « le pire a été évité » au sommet européen des 15 et 16 octobre.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait en effet menacé d’opposer son veto au plan d’action proposé par la Commission européenne, en dénonçant son coût pour l’industrie italienne, chiffré à « 25 milliards d’euros ».

La Commission européenne estime elle que le plan d’action aura « un coût direct pour l’Italie équivalent à 0,66% de son PIB, soit 12 milliards d’euros, en 2020 », a indiqué jeudi la porte-parole du commissaire à l’Environnement Stavros Dimas. « Ce sera le coût direct en 2020 », a-t-elle insisté.

« Le coût direct moyen pour les pays de l’UE sera de 0,45% du PIB, soit environ 70 milliards d’euros », a-t-elle souligné.

Le surcoût pour l’Italie est dû au fait que « ce pays doit faire des efforts en ce qui concerne les énergies renouvelables », a-t-elle expliqué.

M. Berlusconi a assimilé les difficultés italiennes à celles exprimées par la Pologne et par plusieurs pays d’Europe de l’Est, liées à leur très importante dépendance du charbon, très polluant, pour leur production d’énergie.

L’Italie et la Pologne ont accepté de poursuivre les négociations européennes après avoir obtenu de leurs partenaires l’assurance que la décision finale serait prise « à l’unanimité » lors du prochain sommet européen des 11 et 12 décembre.

L’UE s’est fixé trois objectifs pour 2020: réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990, porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation et réaliser 20% d’économies d’énergie.