20 octobre 2008

LONDRES, 20 oct 2008 (AFP). L’ancien président du Botswana, Festus Gontebanye Mogae, a été proclamé lundi lauréat du prix Mo Ibrahim 2008 « de la bonne gouvernance » en Afrique, prix le plus richement doté au monde avec cinq millions de dollars sur dix ans plus 200.000 dollars par an à vie.

« Le remarquable leadership du président Mogae a permis de garantir au peuple botswanais la poursuite de la stabilité et de la prospérité dans un pays confronté à une pandémie de sida dont l’ampleur menaçait gravement son avenir », a déclaré l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, en décernant le prix à Londres, devant des diplomates et des journalistes.

« Dans un continent où trop souvent la richesse des sous-sols s’est transformée en malédiction, le Botswana a su démontrer qu’un pays doté de ressources naturelles pouvait, par une gouvernance de qualité, parvenir à un développement durable », a ajouté M. Annan.

Festus Mogae, 69 ans, a quitté le 1er avril la présidence du Botswana après une décennie à sa tête, au cours de laquelle son pays, premier producteur mondial de diamants, est devenu l’un des plus prospères d’Afrique, en dépit des craintes de voir ses progrès balayés par le sida.

Tandis que d’autres, comme la Sierra Leone ou la République démocratique du Congo (RDC), n’ont pas su tirer les bénéfices de ce genre de ressources précieuses, le Botswana a diversifié son économie, encouragé l’exploitation d’importantes réserves de charbon et développé le tourisme sur la base des paysages et de la faune sauvage spectaculaires du pays.

Economiste habile, M. Mogae s’est fait le défenseur d’une gestion rigoureuse des dépenses publiques. Dans un de ses derniers discours au Parlement, il avait déclaré : « aussi sûr qu’un noceur paie ses excès d’une gueule de bois au réveil, un châtiment encore plus sévère attend une nation qui dépense sans compter pour satisfaire des plaisirs immédiats au lieu d’investir dans un développement durable. »

Dans son dernier budget en février dernier, M. Mogae avait alloué plus d’un quart des dépenses à la lutte contre le sida. La pandémie a fait chuter l’espérance de vie de 65 ans à moins de 40 ans dans ce pays comptant 270.000 séropositifs sur moins de deux millions d’habitants.

Les dernières années au pouvoir de M. Mogae ont été ternies par un long procès contre l’éviction des bushmen San de leurs terres ancestrales du désert du Kalahari qui s’est achevé l’an dernier lorsqu’un juge a décidé que leur expulsion était illégale.

Le prix a été fondé en octobre 2006 par Mo Ibrahim, magnat britannique des télécommunications d’origine soudanaise. Il est décerné parmi des anciens chefs d’Etat ou de gouvernement de pays de l’Afrique subsaharienne qui ont été élus démocratiquement.

Le premier lauréat du prix Mo Ibrahim, en octobre 2007, était Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique.