18 octobre 2008

PARIS, 18 oct 2008 (AFP). La réduction des besoins en énergie est le premier point à régler dans le combat pour le développement durable, ont assuré samedi à l’Unesco le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, et le Suisse Bertrand Piccard, auteur du premier tour du monde en ballon sans escale.

« Le problème majeur, c’est l’efficacité économique », réduire les besoins en énergie, notamment dans le bâtiment, a affirmé M. Borloo devant l’Université de la Terre réunie autour du thème « Réinventer le progrès ».

Le ministre, dont l’examen du projet de loi relatif au Grenelle de l’environnement avait été approuvé dans la nuit par l’Assemblée, s’est déclaré satisfait par ce vote d’un texte « présenté pour assurer une mutation de la société ».

« Tous les dirigeants et les citoyens du monde savent pertinemment que l’illusion d’avoir des ressources illimitées est à son crépuscule », a-t-il dit. « Nous ne sommes pas entrés dans l’ère de la rareté, a toutefois rassuré M. Borloo, mais seulement dans celle de la rareté de certains biens: on change d’abondance » avec le solaire, l’éolien, la géothermie…

Pour Bertrand Piccard, qui met au point l’avion Solar Impulse, qui pourra faire le tour du monde avec un pilote, uniquement grâce à l’énergie solaire, « la première chose à faire, ce sont des économies d’énergie, car les énergies traditionnelles seront épuisées avant le développement suffisant des énergies renouvelables ».

« Il faut que les gouvernements rendent obligatoire l’utilisation de ces nouvelles technologies » permettant des économies, telles que des lessives nettoyant à froid ou des isolations efficaces, a-t-il dit.

Pour lui, « ce ne sont pas les nouvelles idées qui manquent, mais la capacité à jeter nos habitudes par la fenêtre : notre survie dépend de nos changements d’habitudes écologiques et économiques ».

D’ailleurs, a-t-il ajouté, les premières victimes de l’utilisation des énergies fossiles dégageant des gaz à effet de serre, « ce ne seront pas vraiment les glaciers mais ce seront les entrepreneurs et les industriels car les prix de l’énergie produite de cette façon vont continuer à augmenter et vont étouffer l’économie ».