LONDRES, 16 oct 2008 (AFP). Le gouvernement britannique a annoncé jeudi le relèvement de ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, les faisant passer de 60% à 80% d’ici 2050, au moment où l’Italie et la Pologne demandent au contraire un assouplissement des engagements européens.
« Nous allons modifier le projet de loi sur le réchauffement climatique en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% d’ici 2050. Cet objectif représentera un engagement légal », a déclaré devant la chambre des Communes le ministre à l’Energie et au Climat, Ed Miliband.
Le ministre accepte ainsi les recommandations d’une commission sur le réchauffement qui avait préconisé un durcissement des objectifs de réduction par rapport aux niveaux d’émission de 1990.
La commission avait souligné que l’accroissement des températures se produit plus rapidement que prévu, rendant ainsi le danger plus pressant. L’objectif de 80% est « difficile mais faisable », avait estimé la commission, évoquant un coût compris entre 1 à 2% du produit intérieur brut en 2050.
« La banquise dans l’Océan Arctique fond plus rapidement que prévu », a déclaré M. Miliband. « Les émissions progressent plus vite et les répercussions de chaque degré supplémentaire sont pires » que prévu, a-t-il ajouté.
Le ministre a par ailleurs exhorté l’Union européenne à adopter son plan de lutte contre le réchauffement climatique. Ce dernier vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’UE de 20% d’ici 2020, à porter à 20% la part des énergies renouvelables et à faire 20% d’économies d’énergie.
Les discussions à ce sujet doivent être entamées dès lundi mais elles promettent d’être délicates. L’Italie et la Pologne ont annoncé mercredi, lors d’un sommet européen de Bruxelles, leur intention de bloquer le plan de l’UE si leurs partenaires tentent de forcer un accord d’ici décembre. Rome et Varsovie dénoncent un coût économique trop élevé, selon eux, en particulier en ces temps de crise.
Il faudra « beaucoup de travail » pour parvenir à un accord, a souligné jeudi la chancelière allemande Angela Merkel après le sommet européen.
Le directeur général de l’association « Friends of the Earth » (Les Amis de la Terre ») s’est dit « absolument ravi » du relèvement des objectifs britanniques. « C’est ce qu’exige la science », a-t-il dit.
Benedict Southworth, directeur de l’organisation « World Development Movement », a évoqué une « nouvelle fantastique », avertissant cependant que la réduction devait « effectivement avoir lieu » et que le Royaume-Uni ne devait pas suivre le chemin de l’Union européenne et de son plan « jusqu’à présent inefficace ».














