14 octobre 2008

COPENHAGUE, 14 oct 2008 (AFP). Le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen a réaffirmé mardi les ambitions du Danemark, pays hôte en 20O9 du sommet de l’ONU sur le climat, de parvenir à un accord global en dépit de la crise financière internationale.

« La crise financière ne doit pas être l’occasion d’atténuer nos ambitions et nos attentes pour ce sommet, qui demeurent élevées et inchangées », a déclaré M. Rasmussen lors d’un point de presse à Marienborg, au nord de Copenhague.

« Personne ne doit mettre en doute nos objectifs. Et nous travaillons à plein régime afin de conclure un accord mondial de grande envergure » en décembre 2009, a-t-il affirmé.

Pour que cet accord « serve à quelque chose, il est nécessaire que les Etats-Unis, la Chine et l’Inde », pays parmi les plus grands pollueurs de la planète, « nous rejoignent et en fassent partie », a souligné M. Rasmussen.

Les élections américaines de novembre « compliquent les choses car il se passera du temps avant que la future administration ne prenne des décisions politiques », a-t-il reconnu.

« Mais les deux candidats à la présidence (Barack Obama et John McCain) ont placé la politique climatique en tête de leurs priorités » et le Danemark « a été en contact avec leurs équipes de campagne en vue d’attirer leur attention sur le besoin de prendre rapidement des décisions sur le climat au début de 2009 », a-t-il ajouté.

La communauté internationale s’est donné un délai jusqu’au sommet de Copenhague, en décembre 2009, pour définir un nouveau cadre de lutte contre le changement climatique après l’expiration de la première phase du Protocole de Kyoto en décembre 2012.

Un pas « essentiel » vers un tel accord est que « l’Union européenne soit d’accord sur son paquet énergétique avant la fin de cette année », car l’UE « doit jouer un rôle leader dans ce domaine », a estimé le Premier ministre libéral danois.

L’UE a pris en mars 2007 l’engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020, de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation et de réaliser 20% d’économies d’énergies.

Mais plusieurs Etats membres, dont l’Italie, sont aujourd’hui rétifs face aux coûts de cet engagement et à ses conséquences pour leurs industriels.

Un futur accord à Copenhague est « vital » pour « deux raisons », selon M. Rasmussen: premièrement, il est « absolument nécessaire de prévenir le réchauffement climatique, notamment celui résultant de l’activité humaine ».

Deuxièmement, « nous avons besoin d’améliorer notre sécurité énergétique », car « les pays démocratiques sont si dépendants du pétrole et du gaz vendus par des Etats aux régimes autoritaires que chaque année nous transférons d’énormes sommes du monde libre aux systèmes autoritaires », a-t-il noté.

C’est « pourquoi nous devons, dans le cadre de notre politique de sécurité, réduire cette dépendance » des énergies fossiles, sans compromettre la croissance économique.

Le Danemark est « un exemple où la croissance économique a progressé de 75% au cours des 25 dernières années alors que la consommation énergétique est restée à peu près inchangée pendant cette période », ce qui prouve qu’il est « possible d’assurer la croissance sans dommages à l’environnement », a rappelé M. Rasmussen.