VARSOVIE, 14 oct 2008 (AFP). Certaines plaintes de la Pologne sur le plan climat européen, notamment concernant sa sécurité énergétique, peuvent être entendues et l’Europe doit parvenir à y répondre, a estimé mardi à Varsovie la secrétaire d’Etat française à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.
La Pologne s’inquiète notamment des effets du « paquet énergie-climat » (PEC) qui doit être adopté sous présidence française de l’Union européenne en décembre et risque, en l’obligeant à renoncer au charbon particulièrement polluant, de la contraindre à se tourner vers le gaz russe.
« La Pologne, comme d’autres au sein de l’UE, les pays baltes par exemple, est mal interconnectée au reste de l’Europe: c’est un argument percutant qui doit être entendu et la France y veillera. Il faut trouver un moyen d’y répondre », a assuré Mme Kosciusko-Morizet devant la presse polonaise.
« On peut apporter des solutions en organisant une interconnexion au réseau européen », a-t-elle ensuite suggéré.
La Pologne réclame également une mise aux enchères progressive des quotas de CO2 émis par l’industrie lourde, notamment pour ménager sa production d’électricité assurée à 90% par le charbon.
Le PEC qui vise à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre de l’UE d’ici 2020 par rapport à 1990, prévoit une mise aux enchères totale des émissions de l’industrie lourde dès le 1er janvier 2013.
« Quand nous entrerons dans les négociations fin octobre, nous pourrons envisager une mise en oeuvre progressive des objectifs, mais arrêtée à l’avance: il existe un calendrier et nous devons nous y tenir », a estimé la secrétaire d’Etat française.
La recherche d’une solution « ne doit pas conduire la Pologne à compter éternellement sur le charbon », prévient-elle.
« Le prix de l’énergie va augmenter et le système de production polonais n’est pas prêt à faire face aux enjeux dans 10 ou 20 ans », a-t-elle dit.
Soixante pour cent des centrales thermiques polonaises ont plus de 30 ans.
Mme Kosciusko-Morizet se trouvait en Pologne pour une ultime série de consultations destinées à arrêter l’agenda de la conférence climat de l’ONU qui s’ouvrira le 1er décembre à Poznan (ouest) sous présidence polonaise pour négocier un futur accord de lutte contre le réchauffement au-delà de 2012 et des premiers engagements du Protocole de Kyoto. Les négociations doivent aboutir à un accord d’ici le sommet de Copenhague, en décembre 2009.
La secrétaire d’Etat française a souligné la nécessité pour l’UE d’avoir une position commune à Poznan. « Nous ne sommes pas ici dans une négociation traditionnelle de Bruxelles qui peut prendre six mois: nous devons arriver à Poznan avec une vision commune » de la lutte contre le changement climatique, a-t-elle insisté.
« Le PEC est difficile pour tout le monde: aujourd’hui, ceux qui n’étaient pas très pour puisent des arguments dans la crise financière pour dire qu’il ne faut pas le faire. Mais des investissements effectués à long terme en faveur du développment durable peuvent constituer une réponse à la crise », a-t-elle jugé.














