14 octobre 2008

PARIS, 14 oct 2008 (AFP). Le directeur général adjoint en charge de la Division Navale de l’électronicien français Thales, Jean-Georges Malcor, s’est dit mardi ouvert à un rapprochement avec l’Allemagne pour la fabrication de navires militaires, tout en n’excluant pas d’autres alternatives.

« Se rapprocher avec l’Allemagne. Pourquoi pas? J’y suis ouvert (…) Il peut y avoir d’autres alternatives », a-t-il dit à propos d’un éventuel rapprochement des fabricants français DCNS et allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS).

Thales détient actuellement 25% de DCNS et a la possibilité à partir de 2009 et pendant trois ans de monter à 35%. « A ce stade, il n’y a pas de raison que l’on n’exerce pas notre option pour monter à 35% », a-t-il affirmé, précisant que Thales attendra le moment opportun pour le faire.

Selon une source proche du dossier, Paris souhaite relancer un projet de rapprochement de DCNS et TKMS, les numéros un et deux européens. Réunis, la société publique tricolore et son concurrent privé allemand pèseraient près de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Berlin aurait récemment donné son accord pour que les discussions s’engagent, à condition d’un rapprochement à 50-50.

« Nous avons toujours voulu et nous continuons de vouloir le rapprochement européen dans le domaine naval. Je suis un Européen convaincu. Si nous ne le faisons pas, nous allons au devant de grands problèmes, car il y une surcapacité en Europe », a déclaré M. Malcor.

« Si on veut un outil industriel naval performant, capable de résister à l’offensive américaine, d’Asie du sud-est, voire russe, il faut faire le ménage chez nous », a-t-il ajouté.

M. Malcor a toutefois prévenu: « Une alliance, quelle qu’elle soit, ne sera viable que si elle est basée sur un programme industriel ».

Il s’est également montré ouvert à un éventuel rapprochement entre DCNS et les ex-Chantiers de l’Atlantique, vendus en 2006 par le français Alstom au norvégien Aker Yards, lui-même avalé cet été par le sud-coréen STX Shipbuilding.

« Depuis des années, il y a une collaboration de fait entre DCNS et les chantiers de l’Atlantique. DCNS a travaillé main dans la main avec Aker Yards. L’historique de cette collaboration est très positif. Il y a matière à approfondir cette coopération », a-t-il ajouté.