2 octobre 2008

WASHINGTON, 2 oct 2008 (AFP). Les jeunes thons rouges de l’Atlantique et de la Méditerranée voyagent de longues distances avant de retourner adultes dans leur eaux natales pour se reproduire, selon une découverte, publiée jeudi, qui pourrait contribuer à réduire la surpêche.

Des chercheurs américains ont découvert que les thons rouges les plus gros recherchés par les pêcheries commerciales au large de l’Amérique du Nord sont généralement des poissons locaux, alors que les plus petits, le plus souvent pêchés par des pêcheurs de loisir, viennent de Méditerranée.

« Les jeunes thons rouges ne se conforment pas au principe de gestion des bancs de poissons qui veut que chacun reste de son côté, de l’Atlantique ou en Méditerranée », relève David Secor, chercheur de l’Université de Maryland (est) et principal auteur de cette étude parue dans la revue Science datée du 3 octobre.

Les flux migratoires des thons rouges pourraient expliquer la surpêche, surtout en Méditerranée.

« Si les jeunes thons rouges nés dans les eaux de l’Atlantique en Amérique du Nord émigrent en Méditerranée, la surpêche constatée en Méditerranée fait que peu d’entre eux reviennent adultes dans leurs eaux natales », selon David Secor.

De ce fait, « l’origine des thons rouges juvéniles de Méditerranée doit être notre prochaine grande priorité », estime le scientifique.

La Commission internationale de protection des thons de l’Atlantique se réunit en novembre au Maroc pour discuter de la diminution des stocks de ce poisson et des meilleurs moyens de gérer sa pêche pour préserver l’espèce.

Ces chercheurs ont pu identifier les origines géographiques des thons rouges en analysant la composition chimique de l’otolithe, de petits conduits calcaires de chaque côté de la tête du poisson qui lui donne son sens de l’équilibre.