2 octobre 2008

PARIS, 2 oct 2008 (AFP). Le rapport publié jeudi par l’Inserm sur les liens entre cancers et environnement est « prudent à l’extrême » et dénote « un manque total d’ambition dans les recommandations », a déploré la principale association active sur les pesticides, le MDRGF.

« L’expertise de l’Inserm sur environnement et cancer a le mérite de montrer sans ambiguïté que les pesticides jouent un rôle majeur dans l’épidémie de cancer que connaît actuellement notre société », reconnaît le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures dans un communiqué.

« Les pesticides sont suspectés de jouer un rôle dans 8 des 9 cancers étudiés par le rapport », fait-il valoir.

Mais « nous pourrions nous attendre à ce que l’Inserm se prononce sur la dangerosité intrinsèque des substances mises sur le marché, ce qui n’est pas le cas », déplore le MDRGF.

Les experts de l’Inserm ont analysé les données scientifiques disponibles sur neuf cancers dont l’incidence a augmenté depuis une vingtaine d’années: cancer du poumon, de la plèvre, du sein, de l’ovaire, du testicule, de la prostate, de la thyroïde, leucémie et tumeurs cérébrales.

Ils ont pu ainsi mettre en relief des « facteurs cancérogènes avérés ou probables », comme l’amiante, les radiations, le radon ou le tabac passif pour le cancer du poumon, ou des « facteurs débattus », pour lesquels les études sont limitées, comme le tabac passif ou les pesticides pour le cancer du sein.

Pour François Veillerette, président du MDRGF, « il est essentiel que le Parlement soutienne des mesures de réduction de l’usage des pesticides et de développement de l’agriculture biologique lors du vote des lois Grenelle 1 et 2 cet automne ».