2 octobre 2008

PARIS, 2 oct 2008 (AFP). Plusieurs grandes ONG se mobilisent pour réclamer l’abandon des objectifs européens et français concernant les biocarburants (10% en 2020) en arguant de leur impact sur l’environnement et les cultures alimentaires.

Les experts de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) et du Réseau Action Climat (RAC), se fondant sur les principiaux rapports et études publiés ces dernières années, proposent un « tableau de bord » des politiques concernant les bio- ou agrocarburants sous forme de neuf fiches analysant leurs principaux impacts.

De leur côté, les Amis de la Terre, associés à Oxfam et au Comité catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) lancent une campagne sur le thème: « les agrocarburants, ça nourrit pas son monde », insistant sur le fait qu’ils menacent les cultures vivrières en accaparant la terre et les ressources naturelles.

« Ils contribuent également à la hausse mondiale des prix alimentaires qui a plongé près de 100 millions de personnes supplémentaires dans la faim et la pauvreté et mis en danger les moyens de subsistance de 300 millions de personnes », indiquent ces ONG qui se sont associées pour leur campagnes à des associations colombienne, brésilienne, béninoise et indonésienne.

Elles font aussi valoir que « dans les pays du sud, les conditions de travail dans les plantations d’agrocarburants sont parfois inhumaines et s’apparentent à l’esclavagisme moderne ».

La FNH et le RAC de leur côté soulignent que pour tenir les objectifs actuels de production d’agrocarburants en Europe et à travers le monde, il faudrait d’ici 2020 leur consacrer 54 millions d’hectares, soit une surface équivalente au territoire français.

« Les développer sans réduire la consommation globale en carburant n’a aucun sens environnemental ou écologique », insistent-elles.

L’étude FNH/RAC est téléchargeable sur le site du Pacte écologique: (www.pacte-ecologique.org)