2 octobre 2008

BRUXELLES, 2 oct 2008 (AFP). Les dirigeants et les syndicats des entreprises du secteur de la métallurgie ont dénoncé jeudi le plan de lutte européen contre le réchauffement du climat, accusé de menacer l’emploi.

L’objectif de réduction des émissions de CO2 imposé aux entreprises européennes du secteur est « impossible à atteindre », affirment Eurofer (patronat) et la FEM (Fédération Européenne des Métallurgistes), dans une lettre commune aux décideurs européens.

« Nous demandons au Parlement européen, au Conseil (Etats membres de l’UE) et à la Commission européenne d’améliorer la proposition de révision du système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (ETS) », stipule la lettre.

Les élus membres de la commission Environnement du Parlement européen doivent se prononcer mardi prochain sur une série d’amendements aux propositions de la Commission à ce sujet.

L’UE s’est donnée pour objectif de réduire d’ici 2020 ses émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990.

Les droits d’émission de CO2 accordés aujourd’hui gratuitement aux secteurs industriels, deviendront payants avec leur mise aux enchères prévue à partir de 2013 dans le projet européen, ce qui devrait procurer une importante source de revenus estimée à 44 milliards d’euros par an.

Patronat et syndicats de la métallurgie exigent le maintien de la gratuité de ces droits à polluer pour les secteurs industriels menacés par des concurrents étrangers qui ne seraient pas soumis aux mêmes obligations de lutte contre le réchauffement du climat.

Ils demandent en outre la constitution immédiate d’une liste des secteurs menacés et une mise en oeuvre progressive des enchères pour les autres.

Plus de 10.000 installations dans les secteurs énergétique et industriels sont actuellement concernés par cette mise aux enchères. Elles sont collectivement responsables de près de la moitié des émissions de CO2 et de 40% des gaz à effet de serre de l’UE.

Les mesures imposées pour réduire les émissions de CO2 « vont coûter des milliards à nos industries au cours des prochaines années », soutiennent les métallurgistes.

L’intervention des métallurgistes s’ajoute aux pressions insistantes des autres secteurs de l’économie –chimistes, pétroliers, cimentiers– sur les gouvernements, sur les élus européens et sur la Commission.

« Les tensions montent, avec la situation économique qui ne s’améliore pas, et les pressions sont très fortes sur les députés européens, avec les élections en juin 2009, et sur la Commission », a admis de son côté l’un des négociateurs des Etats membres.

« Barroso (le président de la Commission européenne) a besoin du paquet climat pour son bilan », a-t-il ajouté.

Une liste des secteurs menacés par la concurrence et fragilisés par les coûts croisés de la hausse des prix de l’énergie et de la mise aux enchères des droits de polluer sera arrêtée en juin 2009, pour préparer l’UE à un éventuel échec des négociations internationales sur le climat prévues en décembre à Copenhague.

« Les négociations sont difficiles, car les intérêts des Etats sont très divergents. Il faut éviter de lâcher sur un point, pour éviter de devoir lâcher sur tout », a-t-il expliqué.