24 septembre 2008

PARIS, 24 sept 2008 (AFP). EDF a confirmé mercredi avoir fait une nouvelle offre de rachat de British Energy (BE), acceptée par la direction du groupe, qui ouvre les portes du très convoité marché britannique du nucléaire à l’électricien français.

Cette nouvelle offre, après l’échec d’une première tentative fin juillet, valorise British Energy à 15,6 milliards d’euros (774 pence par action) contre 15,45 milliards d’euros précédemment, selon un communiqué d’EDF diffusé mercredi.

Invesco, l’un des deux principaux actionnaires de BE avec 15% du capital, a accepté cette nouvelle offre après s’être opposé à celle formulée en juillet, selon le communiqué.

Mardi soir, une source proche du dossier avait annoncé à l’AFP que le conseil d’administration d’EDF venait d’approuver cette nouvelle offre de rachat et que BE l’avait acceptée.

Premier actionnaire de BE avec 35,2% du capital, le gouvernement britannique, qui était favorable au rapprochement entre BE et EDF, a salué mercredi cette acquisition.

Le Premier ministre Gordon Brown s’est réjoui que « le renouveau du nucléaire devienne une réalité » et le ministre britannique des Entreprises John Hutton a indiqué qu’EDF avait l’intention de construire quatre nouveaux réacteurs nucléaires au Royaume-Uni.

De son côté, le gazier britannique Centrica, qui avait proposé de fusionner avec BE en cas d’échec d’EDF, a annoncé mercredi qu’il discutait avec le groupe français d’une acquisition de 25% dans la nouvelle entreprise.

Le rachat d’EDF pourrait générer 220 millions d’euros d’économies pour le groupe français, selon un document distribué mercredi matin par l’électricien.

Fin juillet, la première offre d’EDF à 765 pence par action avait été rejetée par Invesco et par un autre fonds d’investissement M&G, qui détient 7% de BE, au motif que le prix proposé était trop bas.

En rachetant BE, qui possède huit des dix centrales nucléaires du pays, EDF, qui exploite déjà 58 centrales en France, accède à un marché nucléaire prometteur, que le gouvernement britannique a décidé, en janvier, de relancer.

« Pour EDF, ceci représente une étape historique dans nos projets de développement stratégique en Europe et permet au groupe EDF de se développer de façon significative au Royaume-Uni, l’un de ses marchés clés », a déclaré M. Gadonneix, cité dans le communiqué.

Déjà présent au Royaume-uni à travers sa filiale EDF Energy, EDF pourrait même davantage s’y implanter, car il est par ailleurs candidat, avec le groupe nucléaire français Areva, à la construction de réacteurs de troisième génération EPR outre-Manche.

Mercredi matin, l’action EDF gagnait 4,76% à la Bourse de Paris, à 52,47 euros, après l’annonce du rachat de BE.