BRUXELLES, 17 sept 2008 (AFP). Bruxelles a promis mercredi d’aider la Lituanie à réduire sa dépendance énergétique envers la Russie, en finançant notamment des interconnexions avec ses voisins européens, mais n’a proposé aucune solution pour maintenir en activité sa centrale nucléaire d’Ignalina.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est engagé à aider Vilnius à « développer les énergies renouvelables et favoriser les économies d’énergie », via notamment « 25 millions d’euros pour améliorer l’efficacité énergétique de ses bâtiments privés », après une rencontre avec le Premier ministre lituanien Gedimimas Kirkilas.
Surtout, plus d’un mois après le conflit géorgien qui a renforcé la volonté de l’UE de réduire sa dépendance envers les hydrocarbures russes, il s’est dit prêt à contribuer au financement d’interconnexions électriques et gazières entre la Lituanie et ses voisins européens: Suède, Pologne, Lettonie, Estonie.
« Je suis prêt à aider à développer un plan d’interconnexion balte avec tous les pays membres de l’UE riverains de la Baltique, et à lui accorder une priorité haute », a ainsi indiqué M. Barroso.
Faute de telles interconnexions, la Lituanie est toujours aujourd’hui, sur le plan énergétique, dans la sphère d’influence russe. Ce qui la rend particulièrement méfiante envers la Russie, d’autant que cette dernière a interrompu depuis 2006 ses livraisons en pétrole à la raffinerie lituanienne de Mazeiku, la seule du pays.
M. Kirkilas a pour sa part indiqué que les pays riverains de la Baltique essaieraient « d’accélérer » ces plans d’interconnexion lors d’une réunion avant le sommet européen des 15-16 octobre.
Il a plaidé à nouveau pour la prolongation de la durée de fonctionnement de la centrale d’Ignalina, l’unique centrale nucléaire de la région balte, qui fournit 70% des besoins en électricité du pays. Le sujet sera soumis à référendum le 12 octobre en Lituanie.
La fermeture de cette centrale de technologie RBMK – comme celle de Tchernobyl – est prévue fin 2009 par le traité d’adhésion qui a permis à la Lituanie d’entrer dans l’UE en 2004.
M. Barroso a souligné que « cet engagement juridique devait être honoré, car il ne faut jamais faire de compromis avec la sécurité ».
M. Kirkilas a assuré « ne pas vouloir violer cet accord ». Mais il espère « une nouvelle interprétation » et les discussions se poursuivront avec la Commission, a-t-il souligné.














