PARIS, 16 sept 2008 (AFP). Il faut se préparer à un « ralentissement général » de l’économie française après l’aggravation de la crise financière, a prévenu mardi la présidente du Medef, Laurence Parisot, lors de sa conférence de presse mensuelle.
Cette crise « va avoir beaucoup, beaucoup de répercussions sur l’investissement, la vitesse de développement de certains projets, et il va y avoir une forme de ralentissement général », a-t-elle déclaré.
« Le pire n’est pas certain, mais nous devons nous y préparer », a aussi estimé la présidente du Medef, ajoutant que les entreprises enregistraient pour le moment « au mieux » un ralentissement de la croissance de leur carnet de commandes, et une « décroissance » dans d’autres secteurs.
Le Medef observe « un renchérissement du coût du crédit qui touche les entreprises mais pas une baisse en volume des crédits » qui leur sont accordés, a-t-elle rapporté.
Elle a relativisé par ailleurs l’impact positif sur l’économie du récent reflux des cours du pétrole: il « s’explique par une baisse de la demande », et donc « une baisse de l’activité », selon elle.
La présidente du Medef a en revanche « toute confiance dans la solidité des établissements bancaires français », dont la gestion, plus sécurisée, n’aurait « rien à voir » avec celle des banques américaines.
Dans ce contexte, l’Etat « ne doit pas nuire » aux entreprises, a jugé Mme Parisot. « L’environnement juridique et fiscal pour les entreprises françaises est plus déterminant que jamais », selon la présidente du Medef, qui s’est réjouie des projets de réforme de la taxe professionnelle.
« On ne peut pas dire la France doit rester une grande nation industrielle et maintenir une taxe professionnelle qui pénalise l’investissement », a-t-elle dit.
Mais « quand le gouvernement annonce sans arrêt de nouveaux prélèvements, de nouvelles taxes, je dis +il n’en tire pas toutes les conséquences+ », a-t-elle ajouté.
La dirigeante du patronat français s’est ainsi prononcée contre toute suppression des allègements de charge sur les bas salaires, qui « mettrait en danger de mort des milliers d’entreprises françaises ».
La présidente du Medef a également condamné le projet de prime transport obligatoire, qualifié « d’aberration » dans le contexte actuel, et celui de bonus-malus écologique du ministre du Développement durable.
Le projet de Jean-Louis Borloo est « ni plus ni moins que le retour à l’économie administrée. Ce serait pire que tout », a-t-elle déclaré, affirmant que « vraiment, la France est la patrie de la nostalgie et du communisme, d’une certaine façon ».














