10 septembre 2008

PARIS, 10 sept 2008 (AFP). Les forêts anciennes accumulent de grandes quantités de carbone au fil des siècles et jouent par conséquent un rôle clé de « modérateur » du réchauffement climatique, selon une étude internationale publiée jeudi dans la revue Nature.

Jusqu’à ce jour, nombre de spécialistes du climat estimaient que seules les forêts « jeunes » en croissance absorbaient plus de CO2 qu’elles n’en rejetaient. Pour cette raison, les vieilles forêts n’ont pas été prises en compte dans le protocole de Kyoto sur le climat.

La capacité des forêts à fixer du CO2 dépend du bilan entre les prélèvements associés à la photosynthèse et les émissions liées à la respiration végétale.

Selon le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE, France), qui a participé à cette étude, l’hypothèse d’un équilibre entre prélèvements et émissions de CO2 pour les vieilles forêts (âgées de plus de 150 ans) – et donc de leur « neutralité » en termes de carbone – a été émise à la fin des années 1960.

Or, souligne le laboratoire, cette hypothèse, bien que peu étayée par des observations, a été acceptée « par la grande majorité des écologistes comme des +non-écologistes+ ».

Cette nouvelle étude montre, à l’inverse, que les forêts anciennes peuvent continuer à accumuler du carbone.

Plus de 30% de la surface totale des forêts est constituée de forêts primaires non gérées par l’homme, la moitié étant dans des régions tempérées de l’hémisphère nord.

Selon Philippe Ciais, directeur adjoint du LSCE, la nouvelle base de données établie par cette équipe internationale révèle que ces forêts anciennes séquestrent « entre 0,8 et 1,8 milliard de tonnes de carbone par an » et que 15 % de la surface forestière totale jusqu’alors ignorée dans les bilans du carbone est responsable « d’au moins 10% » de la séquestration totale du carbone.

Les auteurs de l’étude estiment qu’elles doivent par conséquent être prises en compte dans les négociations internationales.

« Les discussions devraient inclure les forêts boréales et tempérées du Canada et de la Russie, » a expliqué à l’AFP Sebastiaan Luyssaert, professeur à l’Université d’Anvers, qui est l’un des auteurs de cette étude.