GENEVE, 9 sept 2008 (AFP). Les investissements dans le développement des biocarburants doivent être gelés le temps de mettre en place des critères rigoureux dans le cadre d’un consensus international, a réclamé mardi un expert de l’ONU.
Selon le Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, il faut « encourager un consensus international sur les biocarburants, basé non seulement sur la nécessité d’éviter leurs impacts négatifs (…) sur les prix des aliments de première nécessité », mais aussi pour s’assurer qu’ils ne violent pas le droit à l’alimentation.
« Il faut se mettre d’accord sur une ligne directrice internationale sur les biocarburants » comprenant des critères environnementaux et des droits de l’homme, a insisté M. de Schutter dans le rapport présenté au Conseil des droits de l’homme réuni mardi en session plénière à Genève.
En attendant un tel consensus, tout investissement important dans la production de ces carburants d’origine agricole ne devrait être autorisé que si son impact national et international est jugé « positif », a-t-il poursuivi.
Pour l’instant, « le chemin pris pour le développement des agrocarburants pour les transports n’est pas durable », a estimé l’expert de l’ONU, craignant, si rien n’est fait, « de nouvelles violations du droit à l’alimentation ».
Le successeur du Suisse Jean Ziegler, qui avait qualifié la politique en faveur des biocarburants de « crime contre l’humanité », avait déjà demandé en mai le gel des investissements et des subventions en faveur de la production de biocarburants.
Le débat sur les biocarburants, accusés d’aggraver la crise alimentaire mondiale, a dominé le sommet de l’organisation des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) à Rome en juin sans qu’aucune résolution concrète ne soit prise à leur sujet.
Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a estimé en juillet que les biocarburants avaient privé le monde de quelque 100 millions de tonnes de céréales (dont le maïs et le blé) qui auraient pu servir à l’alimentation.














